Tadashi Kawamata, François Morellet, Pier and ocean [Jetée et océan], 2014 © Centre Pompidou / Photo : Manuel Braun, 2016 © Adagp, Paris 2017

9. UNE SITUATION FINANCIÈRE AMÉLIORÉE

Après deux exercices déficitaires consécutifs (-0,9 M€ en 2014 et -4,4 M€ en 2015), le Centre Pompidou renoue avec un excédent en 2016 de 1,2 M€ dans un contexte de hausse de sa fréquentation.

L’établissement, qui a bénéficié en fin de gestion d’une subvention exceptionnelle de l’État à hauteur de 3,5 M€ au titre de la compensation de l’impact attentats de 2015 - 2016, a vu en cours d’exercice ses recettes progresser (+12% par rapport à 2015) plus rapidement que ses dépenses d’exploitation (+7%), favorisant également le retour à une capacité d’autofinancement de 4,3 M€ après une insuffisance en 2015 de 3,8 M€. On observera la stabilité globale des dépenses de personnel. En outre, ces dépenses d’investissements, qui ont plus que doublé (x 2,2), sont couvertes par des ressources d’investissement qui augmentent encore plus rapidement (x 2,5). Il en découle la constitution d’un abondement au fonds de roulement de 6,3 M€, après un prélèvement en 2015 de 5,3 M€. Le fonds de roulement non fléché, qui se monte à 23,52 jours de fonctionnement, soit en progression de près de 8% sur 2015, reste toutefois en-deçà du seuil prudentiel de 30 jours.

Les recettes du Centre Pompidou ont augmenté de 12% par rapport à l’exercice 2015.

+12% de recettes en 2016 +1,2millions d'euros premier exercice excédentaire depuis 2014

Compte de résultat dépenses et recettes simplifié 2012 - 2016

Dépenses

Recettes

Graphique dépenses et recettes Compte financier 2016

Graphique dépenses et recettes

LA GESTION BUDGÉTAIRE ET COMPTABLE PUBLIQUE (GBCP)

Les travaux préparatoires du processus de dématérialisation - les évolutions et les relations entre directions

Depuis le 1er janvier 2016, le Centre Pompidou applique les nouvelles règles relatives à la gestion budgétaire et comptable publique (GBCP) s’appuyant sur la mise en place de deux comptabilités distinctes. 

La comptabilité budgétaire retrace les autorisations d’engagement et les crédits de paiement ; elle apporte un éclairage supplémentaire au pilotage financier de l’établissement sur la soutenabilité budgétaire de sa gestion et sur la maîtrise de sa trésorerie. Pour sa part, la comptabilité générale donne une image du patrimoine de l’établissement. Ces deux comptabilités, complétées par la comptabilité analytique, ont nécessité l’adaptation du système d’information financier (SIREPA).  

L’étroite collaboration entre la direction juridique et financière, l’agence comptable, la direction des systèmes d’information et des télécommunications a permis la mise en œuvre de cette réforme. Des sessions de formation organisées par la direction juridique et financière ont favorisé l’appropriation de l’outil et des nouvelles règles par les services gestionnaires. En outre, des mises à jour de versions de SIREPA ont été installées en cours d’exercice pour intégrer des fonctions complémentaires et assurer un suivi informatique et des restitutions conformes au nouveau mode de gestion. Le Centre Pompidou a fait partie des établissements dit, « de la vague 1 » de déploiement. Le compte financier 2016 constitue donc le premier exercice établi selon les règles de la GBCP.

Au-delà de ces avancées, le second semestre 2016 a été marqué par l’engagement dans la démarche de dématérialisation. En effet, l’ordonnance du 26 juin 2014 définit le calendrier de passage à la facturation électronique pour les émetteurs de factures à destination de l’État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics respectifs. Applicables et obligatoires au 1er janvier 2017 pour les établissements publics et les grandes entreprises, ces dispositions ont conduit à la réalisation de travaux préparatoires au sein du Centre Pompidou afin de respecter l’échéance fixée par l’ordonnance. Ils ont été également l’occasion d’ouvrir des pistes de réflexion pour la dématérialisation à venir de l’ensemble des pièces justificatives conformément à la réglementation et à la GBCP.

 

#UN EXERCICE FINANCIER EXCÉDENTAIRE 

Les ressources propres en progression

En 2016, une hausse de 27% des ressources propres a été constatée, principalement due à l’augmentation de la fréquentation des expositions temporaires (cf. billetterie, éditions, concessions) et à une programmation plus équilibrée et attractive (cf. mécénats), ainsi qu’à certains décalages d’encaissements favorables à l’établissement.

+27%de ressources propres
Ressources propres

Les concours de l’État

On observe en 2016 une progression de 4,1 M€ en valeur nette de la subvention de fonctionnement (69,4 M€). L’établissement a bénéficié en fin de gestion d’une subvention exceptionnelle de l’État à hauteur de 3,5 M€ au titre de la compensation de l’impact attentats de 2015 - 2016, après une progression de 0,6 M€ en budget initial. La subvention reste toutefois inférieure de 4 M€ à celle de 2010 (73,4 M€ - 5,5%). 

Subventions

La progression des dépenses 

Parallèlement à une stabilisation de la masse salariale, on observe une progression importante des charges hors opérations d’ordre, de 10%. 

Charge de fonctionnement

La situation de trésorerie en 2016

Le plan de trésorerie s’inscrit dans un cadre pluriannuel. Construit dès le budget initial et révisé puis ajusté mensuellement, il s’affirme comme un outil essentiel au service d’enjeux de pilotage permettant à l’établissement de mesurer sa capacité à honorer les engagements pris et à financer les nouveaux projets. Sa variation affichée dès lors dans le tableau budgétaire « d’équilibre financier » devient ainsi un critère d’appréciation de soutenabilité budgétaire.

Mesurée par la différence entre le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement, la trésorerie s’élève au terme de l’exercice 2016 à 30,1 M€ (26,3 M€ fin 2015).

Le résultat patrimonial bénéficiaire de 1,2 M€ vient mécaniquement accroître les ressources durables de l’établissement (réserves) permettant ainsi de dégager un fonds de roulement de 33,8 M€, en augmentation de 23% par rapport à 2015.

Par différence entre d’une part, le besoin d’exploitation calculé sur les stocks et les crédits clients et d’autre part, les ressources d’exploitation liées aux crédits fournisseurs, le cycle d’exploitation a généré un besoin en fonds de roulement de 3,7 M€ financé in fine par la trésorerie.

 

#MODERNISER DE FAÇON CONTINUE LA GESTION DE L’ÉTABLISSEMENT

Une politique d’achat orientée vers la maîtrise des coûts

Le Centre Pompidou, dans le cadre de la réforme réglementaire relative aux marchés publics, met en œuvre les nouvelles pratiques offertes par la réglementation, dans le but d’optimiser la qualité de ses achats et d’améliorer la maîtrise des coûts : 

  • Deux guides relatifs au sourcing et au benchmarking sont mis à la disposition des acheteurs, via l’Intranet ;
  • Le service de l’achat public, en lien avec les services prescripteurs, mène une réflexion approfondie sur le contenu des détails quantitatifs estimatifs et actualise les méthodes d’analyse des offres ;
  • Un suivi spécifique des « petits achats » : les achats inférieurs à 25 000 € HT s’accompagnent désormais d’une fiche achat spécifique qui comporte la justification du choix du prestataire retenu et de la recherche d’au moins une offre concurrente.

Une démarche du contrôle interne financier renforcée par l’amorce du contrôle interne budgétaire en 2016 

Les réunions périodiques du comité des référents ont permis en 2016 d’analyser les processus des déplacements et des autres immobilisations corporelles et de réactualiser celui de la Commande publique. Les cartographies des risques et les plans d’actions de l’ensemble des processus analysés et réactualisés en 2016 ainsi que l’échelle de maturité des risques du processus de la commande publique ont été établis ou mis à jour lors de ces réunions.

En 2016, le processus rémunérations a également été conforté. La mise en œuvre du plan d’actions validé fin 2015 s’est notamment traduite par l’enrichissement de la documentation commune à la direction des ressources humaines et l’Agence comptable et la formalisation des échanges entre la direction des ressources humaines la direction juridique et financière et l’Agence comptable.

En 2016, le Centre Pompidou met pour la première fois en place le contrôle interne budgétaire pour son exercice financier. 

La démarche de contrôle interne financier s’est par ailleurs orientée vers le réexamen des procédures dans le cadre de la préparation à la dématérialisation en 2017. Elle constitue l’une des évolutions majeures induite par le décret concernant la gestion budgétaire et comptable publique (GBCP). Enfin, l’exercice 2016 a été caractérisé par l’émergence du contrôle interne budgétaire : il a pour objectif d’assurer la qualité de la comptabilité budgétaire et la soutenabilité de sa programmation et de son exécution.

L’approfondissement de la qualité comptable avec notamment :

Les travaux se sont inscrits dans un cadre caractérisé par le déploiement d’un nouveau référentiel comptable constitué par un recueil des normes comptables, un plan de compte actualisé et une instruction commune aux établissements publics.

  • Le comité de pilotage de l’inventaire a poursuivi son action en 2016 pour aboutir à l’élaboration de procédures de gestion des biens mobiliers et à la réactualisation des durées d’amortissement ;
  • Une attention particulière a également été portée à la situation des immobilisations en cours à leur intégration dans le patrimoine ;
  • Les arrêtés comptables intermédiaires restitués périodiquement en interne ou à destination de la direction juridique et financière ont trouvé pleinement leur place dans le cadre du nouveau référentiel comptable.

Point sur les dépenses des dirigeants (mise en œuvre de l’instruction ministérielle)

Conformément à l’instruction du ministère de la Culture et de la Communication du 24 juin 2015 en matière de maîtrise et de transparence des dépenses des dirigeants, le Centre Pompidou a défini un cadre de gestion présenté à son conseil d’administration du 14 décembre 2015.
La direction juridique et financière a ensuite défini des dotations par catégories de dépenses, qu’elle a notifiées en début d’exercice 2016 à chacun des trois dirigeants du Centre Pompidou, président, directeur général, et directeur du musée national d’art moderne / centre de création industrielle.
Elle a établi un suivi trimestriel des dépenses des dirigeants de l’établissement, qui se répartissent en six catégories : frais de représentation, frais de déplacement, frais de missions, prestations d’études, frais d’aménagement, frais de documentation.
Ce suivi a systématiquement été vérifié par l’agence comptable avant sa transmission aux dirigeants puis à l’autorité de tutelle. 
Les dotations de 2016 ont toutes été respectées par l’ensemble des dirigeants. La consommation constatée est en effet de l’ordre de 65 K€ soit, 56 % des dotations allouées.
Ce même point sera mentionné dans la note de l’ordonnateur relative au compte financier 2016.

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