Dans la Bibliothèque publique d’information (Bpi) © Centre Pompidou / Photo : V. Verguethen

6. LA BPI EN MOUVEMENT

Avec une programmation dynamique et pluridisciplinaire, des actions de médiation diversifiées, la bibliothèque publique d’information (Bpi) a attiré 1 260 889 visiteurs en 2016, soit une moyenne de 4 067 visiteurs par jour (auxquels s’ajoutent les 37 861 spectateurs de la programmation culturelle organisée dans le Centre Pompidou). Après une baisse au premier semestre liée aux attentats de novembre 2015, la fréquentation de la Bpi a progressé en août, puis à l’automne. Elle tente de favoriser toujours plus le croisement de ses publics avec ceux du Centre Pompidou. 

En novembre 2016, la Bpi a lancé le concours de maîtrise d’œuvre pour la rénovation de ses espaces, après signature d’une convention, en septembre, avec l’Opérateur du Patrimoine et des Projets Immobiliers de la Culture (OPPIC), y associant le Centre Pompidou. Le choix d’un architecte se fera à partir du deuxième trimestre 2017 pour un démarrage des travaux en 2018. 

 

#DONNER À VOIR À ÉCOUTER ET À COMPRENDRE

Exposer les figures de la bande dessinée

Portée par le succès de deux expositions consacrées à deux figures de la bande-dessinée : la dessinatrice et auteur Claire Bretécher et le héros de Franquin avec « Gaston, au-delà de Lagaffe », la Bpi s’impose comme lieu incontournable de valorisation de la bande dessinée.

Gratuites, accessibles depuis la Bpi comme depuis la chenille et la coursive extérieure du Centre Pompidou, ces deux manifestations ont mis à l’honneur la bande dessinée auprès d’un large public : « Claire Bretécher » (18 novembre 2015 - 8 février 2016) a comptabilisé 53 867 entrées (dont la moitié étaient des visiteurs du Centre Pompidou) ; « Gaston, au-delà de Lagaffe » (7 décembre 2016 - 10 avril 2017) a reçu dès l’automne 2017 un accueil prometteur dans les médias augurant d’un beau succès.

Claire Bretécher, Agrippine, 1988 © Claire Bretécher-DargaudClaire Bretécher, Agrippine, 1988 © Claire Bretécher-Dargaud

« Gaston, au-delà de Lagaffe » (7 décembre 2016 - 10 avril 2017)

Apparu pour la première fois en 1957 dans le Journal de Spirou, Gaston Lagaffe a fêté ses 60 ans en 2017 : l’occasion pour la Bpi de poser un regard neuf sur l’importance de ce personnage qui aura entraîné son créateur, André Franquin, très au-delà de la bande dessinée consacrée à la jeunesse ; le gaffeur se révélant avec le recul subversif, militant, beatnik, écolo et, au final, porteur de questionnements emblématiques de notre époque. 

Conçu avec le concours de Frédéric Jannin, dessinateur de bande dessinée, et de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, auteurs aux éditions Dupuis, l’exposition intégrait, sur un mode graphique et ludique, planches et éditions originales, dessins inédits, photographies et films de l’INA. L’événement s’est accompagné par la publication d’un catalogue, en partenariat avec les éditions Dupuis, et par une riche programmation associée (rencontres, ateliers).

Gaston Lagaffe par Franquin © Dupuis, Dargaud-Lombard, 2016Gaston Lagaffe par Franquin © Dupuis, Dargaud-Lombard, 2016

Défendre le cinéma documentaire

Pour sa 38e édition, « Cinéma du réel, festival international de cinéma documentaire » (18 - 27 mars), a continué avec succès ses initiatives hors les murs et à développer sa plateforme professionnelle « ParisDOC ».

Dans le Forum-1, une scénographie présentait le cinéma du réalisateur italien Franco Piavoli, célébrant les rites et images de sa Brescia natale. Malgré un contexte post-attentats encore difficile, la fréquentation (25 560 spectateurs) a connu une légère hausse par rapport à 2015. 

Autres temps forts autour du cinéma : la contribution de la Bpi au Mois du film documentaire (4 - 23 novembre), autour du thème « Épique école » avec des films consacrés aux acteurs du monde scolaire et les journées « Singulier/Pluriel, les webcréations documentaires » (26 - 27 mai). 

Partager la littérature

Le cycle « Littérature en scène » inspiré par la lecture face au public, l’écoute du texte et la transversalité artistique, a reçu 110 participants en moyenne pour chaque manifestation. Il s’est ainsi présenté sous diverses formes : soirée de dessins mis en musique avec Zeina Abirached autour de son roman graphique autant qu’autobiographique Le Piano oriental (14 mars) ; entretien avec Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, invité dans le cadre du Cinéma du Réel (18 mars) ; ateliers d’écriture et soirées publiques sur trois jours autour de Cervantès & Shakespeare, sous la houlette d’écrivains de l’Oulipo (23 - 25 avril) ; poésie en musique pour la soirée « What’s up ? Femmes poètes de la Beat Generation » (26 septembre), orchestrée par le guitariste Jean-Marc Montera, en lien avec l’exposition « Beat Generation » en Galerie 1, dans laquelle la Bpi a créé une bibliothèque éphémère ; lecture le 14 novembre par Eric Ruf, de la Comédie française, d’extraits du dernier roman de Jean Echenoz, Envoyée spéciale (éditions de Minuit).

Écouter de la musique live 

La Bpi a programmé trois concerts dans ses espaces :

  • les suites pour violoncelle seul de J.-S. Bach jouées par des élèves de la classe de Marc Coppey du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, les 4 et 5 février ;  
  • Casey, rap/hip-hop (8 juillet) ;  
  • les facettes de l’abandon, récital chant/piano), par deux étudiantes du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (9 décembre).

Organiser des rencontres et des débats

Plusieurs cycles de rencontres se sont inscrits en résonance avec l’actualité : Lire le Monde, qui dénonçait les théories complotistes (L’imaginaire du complot, 11 janvier) ou rendait hommage à l’historien Jacques Le Goff ; Religions, des mots pour les comprendre, conçu avec le soutien scientifique de Philippe Gaudin, philosophe, spécialiste des questions de laïcité. Des journées d’études et colloques ont également marqué l’année : un an après les attentats contre Charlie Hebdo, Humour et société, le rire dans tous ses éclats (8 - 9 janvier) ; Comment être jeune dans un monde de vieux ? (1er avril) ; en partenariat avec le réseau international de recherche Scholars Exchanging and Researching on International Entertainment (SERIES), autour des séries latino-américaines, Global series (29 février) ; deux journées de rencontres, lectures et projections autour de l’écrivain Armand Gatti et de la Parole errante, centre international de création, avant sa fermeture (21 - 22 mai) ; en partenariat avec le Labex arts de l’université Paris 8, un colloque Cultural studies et critique marxiste (30 juin) ; le colloque Animalement nôtre (2 - 3 décembre), autour des relations entre les êtres humains et le monde animal. 

La salle de lecture au niveau 2 de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) © Centre Pompidou / Photo : V. Verguethen La salle de lecture au niveau 2 de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) © Centre Pompidou / Photo : V. Verguethen

Donner accès à la connaissance par la médiation

La Bpi propose tout au long de l’année des ateliers qui favorisent l’échange.

922 ateliers gratuits, favorisant le mélange des âges, des cultures, et des niveaux d’étude des participants, la plupart sur simple inscription sur place ou en lien avec des acteurs du champ social, ont été suivis par 10 908 personnes : conversation en langues, initiations numériques, recherche d’emploi, ce dernier thème étant renforcé par un partenariat initié avec la Cité des métiers (Cité des sciences et de l’industrie). Autour de la Semaine de la langue française, un concours de dictées a été proposé à partir de textes inédits de l’écrivain congolais Fiston Mwanza Mujila, écrits pour l’occasion, avec remise des prix le 10 mars en sa présence. Enfin, des masterclasses ont abordé sur un mode interactif des thèmes divers : « Lost in management », les « digital natives », la gastronomie…

Le festival du jeu vidéo, Press start

La manifestation Press Start (14 - 30 octobre) qui, pour la première fois, abordait la narration vidéo ludique a accueilli 600 participants. Une table ronde avec des créateurs, ainsi que des ateliers, des performances et des défis ont permis au public de pénétrer dans les coulisses de la fabrication des jeux vidéo en découvrant le game design, la fiction interactive, le stop motion ou encore les jeux en réalité augmentée. Un dispositif expérimental, la « Machine à être un autre », créé par le collectif d’artistes chercheurs BeAnotherLab, proposait à chacun, grâce à la réalité virtuelle, de plonger dans la peau d’un autre.

À l’entrée de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) © Centre Pompidou /  Photo : V. VerguethenÀ l’entrée de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) © Centre Pompidou / Photo : V. Verguethen

Les passerelles entre les publics de la Bpi et ceux du Centre Pompidou 

Les visites « 15 mn chrono » des collections, au musée 

En 2016, comme en 2015, le Centre Pompidou proposait, un samedi par mois, aux lecteurs de la Bpi de faire une pause au musée. Gratuite, ce format de visite conduite par un conférencier les invite à découvrir une œuvre toutes les 15 minutes entre 18h et 19h (soit quatre en une heure). Une contremarque permet aux participants d’accéder aux salles du musée par le niveau 2 de la Bpi donnant sur la Chenille du Centre Pompidou et de réintégrer les espaces de la bibliothèque avant 19h30. Cette opération de médiation, dont l’objectif est d’accentuer la perméabilité entre le Centre Pompidou et la Bpi et le croisement des publics visait particulièrement les jeunes lecteurs. Initialement prévues pour accueillir chacune cinquante personnes, les séances ont étendu leur capacité à quatre-vingt personnes cette année. Une étude réalisée par le service études et recherche de la Bpi avec la direction des publics, a souligné la nécessité de mieux communiquer sur la gratuité d’accès au musée pour les moins de 26 ans qui méconnaissent bien souvent cette offre. 

La Bpi collabore au festival Hors Pistes du Centre Pompidou, 

l’Art de la révolte (22 avril - 8 mai)
Dans la cadre de Hors Pistes, la Bpi a installé dans le Forum-1 une bibliothèque participative sur le thème de la révolte, fondée sur le don et l’échange de documents. Elle a organisé des débats, notamment une soirée d’hommage à Dionys Mascolo, L’esprit d’insoumission : hier, aujourd’hui (2 mai), qui posait, en présence d’Edgar Morin, la question du rôle des intellectuels ; des rencontres (La Bibliothèque vivante des militants) ; des visites et parcours thématiques dans les collections de la bibliothèque sur le thème de l’engagement. Ces actions, très bien reçues par les publics du Centre Pompidou et de la Bpi, ont également connu un écho positif dans la presse.

 

#Mettre l’accent sur le numérique

Décliner le webmagazine « Balises » sur les réseaux sociaux

Depuis sa mise en ligne en 2014, « Balises », le webmagazine de la Bpi, a développé son audience et poursuivi son évolution en tant qu’outil de médiation numérique. En 2016, une ligne éditoriale affinée présentait des contenus ciblés et apportait un éclairage pédagogique sur des sujets d’actualité souvent complexes. 

Un projet expérimental a été lancé pour décliner « Balises » sur les réseaux sociaux, autour de trois thèmes liés à l’activité de la Bpi : la littérature contemporaine, le cinéma documentaire, la culture numérique geek et urbaine.

Valoriser les accès numériques dans la bibliothèque

Au sein des espaces de lecture, les accès numériques ont été renforcés et mieux valorisés : accès généralisé via le wifi aux ressources en ligne (dit « wifi documentaire ») ; possibilité pour les lecteurs de télécharger des contenus sur abonnement : offre de magazines par Press reader ou sites d’information indépendants (Médiapart et, nouveauté en 2016, Les Jours).

Au niveau 2 de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) © Centre Pompidou /  Photo : V. VerguethenAu niveau 2 de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) © Centre Pompidou / Photo : V. Verguethen

Le succès confirmé de l’application Affluences

L’application mobile Affluences est de plus en plus utilisée par les lecteurs et visiteurs de la Bpi. Développée en partenariat avec une start-up, elle propose depuis deux ans, grâce à un système de géolocalisation, de connaître et de pouvoir anticiper le temps d’attente à l’entrée de la Bpi ainsi que les places disponibles dans d’autres bibliothèques parisiennes.

 

#LES COLLECTIONS ET LA COOPÉRATION NATIONALE

En vue des travaux de rénovation que projette la Bpi, des préparations spécifiques, relatives aux collections, à l’accueil et aux évolutions technologiques ont été engagées. 
 
En matière de collections, des évaluations volumétriques approfondies ont permis de préparer les futures implantations et regroupements thématiques. Un effort important a été poursuivi pour éviter l’accroissement des collections imprimées, dans le respect de la charte documentaire mise à jour en 2015. Nombre de documents sortis des collections ont donc été donnés à des associations et aux bibliothèques d’établissements pénitentiaires. La Bpi a formalisé, par une convention signée en 2016, le partenariat avec le ministère de la Justice (direction de l’administration pénitentiaire), actif depuis 2012. Celui-ci a pour but d’aider et d’inciter d'autres bibliothèques à collaborer avec les prisons et s’inscrit dans la politique de coopération nationale de la Bpi, qui vise à encourager le rôle social des bibliothèques, grâce à des journées professionnelles et au site pro.bpi.fr
 
À la fin du mois d’octobre, la Bpi a également lancé la plateforme de vidéo à la demande, intitulée « Les yeux doc », qui permet aux abonnés des bibliothèques territoriales de visionner les films issus du Catalogue national de films documentaires, géré et enrichi par la Bpi. Cent cinquante titres étaient proposés, avec de nouvelles acquisitions en perspective.
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