Au musée devant Make your own sunshine, José Dávila (2013) © Centre Pompidou / Photo : Manuel Braun, 2016 © Adagp, Paris 2017

1. UNE COLLECTION OUVERTE ET UNE PROGRAMMATION EN MOUVEMENT

A travers des présentations renouvelées au musée, une dynamique nouvelle d’expositions contemporaines et pluridisciplinaires, et une politique d’acquisition ouverte à toutes disciplines et de toutes les scènes artistiques, le Centre Pompidou contribue à écrire l’histoire de l’art des 20e et 21e siècles en la partageant avec un public toujours plus large en France et à l’étranger.

 

#Une gestion vivante de la collection

La collection du Centre Pompidou, au musée national d’art moderne / centre de création industrielle, est aujourd’hui l’un des ensembles mondiaux de référence pour l’art du 20e siècle. Elle est marquée par la multidisciplinarité des œuvres et la richesse de vastes ensembles qui permettent d’exposer et d’éclairer les mouvements fondateurs et les figures magistrales de l’art moderne et contemporain.

Constituer une collection mondiale, la politique d'acquisition

La politique d’acquisition respecte cet équilibre par l’entrée en collection d’œuvres de toutes disciplines et de toutes provenances. Elle contribue à dessiner un panorama mondial de l’art moderne et contemporain, ouvert à toutes les scènes artistiques.

La subvention d’acquisition - dédiée à des achats d’artistes historiques ou confirmés (Wilhelm Freddie, Ketty La Rocca, Giuseppe Gabellone, Valérie Belin, Steven Pippin…) - permet aussi de représenter au musée de nouveaux territoires de la création et de nouvelles scènes (Ion Grigorescu, Im Heung-soon, Wojciech Zamecznik, Viktoria Binschtok, Karel Miller, Jos Houweling…). 

Cette année, la collection de films expérimentaux et de vidéos (Rosa Aiello, Lawrence Abu Hamdan, Manon de Boer…) ainsi que la collection d’architecture et de design se sont enrichies avec des œuvres d’artistes du mouvement Global Tools (Ugo La Pietra, Riccardo Dalisi…).

La Société des amis du musée national d'art moderne, qui consacre la totalité de ses moyens à l’enrichissement de cette collection, apporte chaque année un soutien majeur. Elle a permis d’acquérir d’importantes œuvres, notamment un tableau de Pierre Molinier, Le Temps et la Mort n°1, 1962, une œuvre majeure de Miriam Cahn, Vorkriegstraümen (Rêve prémonitoire d’une guerre), 2003, ainsi qu’une importante installation de Kara Walker, For the benefit of All the Races of Mankind, 2002.

Des artistes contemporains ont fait leur entrée en collection grâce aux liens tissés avec des groupes de collectionneurs réunis dans le cadre du Projet pour l’art contemporain (Friedrich Kunath, Pratchaya Phinthong, Edith Dekyndt) et du groupe Perspective (Cheikh Ndiaye, François-Xavier Gbré, Marcia Kure, Akosua Adoma Owusu). Les groupes des Amis de la photographie et du Cercle international ont aussi favorisé la représentation des scènes artistiques méditerranéennes, du Moyen-Orient et d’Asie (Socratis Socratous, Kanji Wakae, Assaf Shoshan, Huguette Caland, Apostolos Georgiou, Wang Keping, Achraf Touloub, Younes Rahmoun, Zineb Sedira). Ils ont également permis l’entrée en collection des œuvres d’Alfredo Boulton, Ceal Floyer, Gabor Osz, Mathieu Pernot et Pia Camil. Enfin, la création d’un nouveau groupe pour les Acquisitions design au sein de la Société des amis du musée a permis d’acquérir des œuvres des designers Bruno Munari, Lilian van Daal et Nendo.

Des dons et donations d’artistes et de leurs ayants droits, de collectionneurs français et internationaux ont généreusement contribué à l’enrichissement des collections du Centre Pompidou. 

Ces libéralités provenaient en premier lieu des artistes, designers et architectes dont Jacques Villeglé, Gérard Fromanger, Jean-Luc Moulène, Christian Jaccard, Velu Viswanadhan, Josef Koudelka, André Lemonnier, Jean-Paul Goude, Vittorio Gregotti, Francis Alÿs… mais aussi des familles d’artistes de Karel Appel, Leon Golub, Vera Pagava, Djoka Ivekovic, Jacques Verroust, Jean Aubert ou de collectionneurs français et internationaux tels que Royden Rabinowitch, Sadie Benning, Ciprian Muresan, Moshe Ninio, Petra Blaisse…

La Vladimir Potanin Foundation, ainsi qu’une cinquantaine de collectionneurs, d’artistes et leurs familles, ont fait don au Centre Pompidou d’un premier ensemble exceptionnel de plus de 250 œuvres permettant au musée d’offrir un panorama de quarante années d’art contemporain en Russie au sein d’un parcours intitulé « Kollektsia ! ».

Un important fonds d’archives, de dessins et de meubles de l’architecte Max Hollein a pu entrer en collection grâce à la Clarence Westbury Foundation. Enfin, le Centre Pompidou a acquis, au titre des dations, cinq tableaux de Paul Rebeyrolle (voir galerie d'images) et d’un vaisselier de Charlotte Perriand.

1 958 œuvres, dont la valeur d’acquisition s’élève à 25,3 M€, ont intégré les collections. 

Les dépenses budgétaires de l’établissement se montent à 3,296 M€ dont 1,108 M€ sur subventions, ce qui correspond à 4,4 % de la valeur d’acquisition. :

Acquisitions

1 958Nouvelles œuvres 25,3 M€d'acquisitions nouvelles

Quelques œuvres acquises en 2016 

Paul Klee, Not durch Wasser, 1940
Paul Klee, Not durch Wasser, 1940 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo: Ph. Migeat, domaine public#
Younes Rahmoun, Manzil Janna, 2015
Younes Rahmoun, Manzil Janna, 2015 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat © DR#
Joe Colombo, Fauteuil « Tubo », 1969 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat © DR
Joe Colombo, Fauteuil « Tubo », 1969 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat © DR#
Paul Rebeyrolle, Autophage, 2003 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat © Adagp, Paris 2017#
Steven Pippin, Laundromat Locomotion, Sequence “ER”, 1997 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo: Ph. Migeat © Steven Pippin#
Valérie Belin, (Sans titre), 2006 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat, © Adagp, Paris 2017
Valérie Belin, (Sans titre), 2006 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat, © Adagp, Paris 2017#
Asger Jorn, L'Avantgarde se rend pas, 1962 © Donation Jorn, Silkeborg © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo: G. Meguerditchian © Adagp, Paris 2017#
Gérard Fromanger, Paysage simple et sans histoire, 1966-67 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Gérard Fromanger
Gérard Fromanger, Paysage simple et sans histoire, 1966-67 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian #
Karel Appel, Les prisonniers, 1947
Karel Appel, Les prisonniers, 1947 © Karel Appel Foundation, Paris © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ G. Meguerditchian © Adagp, Paris 2017#

Les principales acquisitions 

LES ACHATS

Wilhelm Freddie, Nonnens bon (La prière de la nonne), 1937

Wilhelm Freddie, né en 1909, grandit et étudie à Copenhague. Après avoir peint une série de tableaux naturalistes, il compose dès 1926 ses premières œuvres abstraites et s’intéresse à la sculpture. Metteur en scène de théâtre, créateur de mode, il réalise plusieurs films à partir de 1949. Les formes mystérieuses et secrètes de Nonnens bon façonnent une atmosphère trouble et érotique. Cette œuvre a été considérée comme pornographique, provoquant scandale et censure. À l’heure des totalitarismes, c’est aussi l’expression de la liberté provocante de l’art. Cette œuvre majeure, unique exemple de la peinture de W. Freddie dans les collections publiques françaises, constitue un témoignage important de la diffusion du surréalisme en Scandinavie.


Ion Grigorescu, tryptique, Résurrection, Mort, Si quelqu’un t’a frappé la joue présente lui l’autre, 2015

Ion Grigorescu (né en 1945 à Bucarest) est à ce jour l'un des protagonistes essentiels de la scène artistique roumaine. Attaché à l'histoire culturelle de son pays, Ion Grigorescu aura vécu la fin tragique de l'ère Ceausescu et les mutations difficiles de la Roumanie et du bloc de l'Est. Ce triptyque a été réalisé et présenté à Vienne au Musée d'art contemporain en 2015, dans le cadre d'une exposition thématique. Témoin de son temps, l’artiste produit des images qui sont autant de médiations existentielles, questionnant et révélant tour à tour l'intimité de la mécanique de la (sur)vie.


Giuseppe Gabellone, Irò, irò, irò, 2012

Le parcours de Giuseppe Gabellone (né en 1973 à Brindisi, en Italie) s’affirme avec assurance et cohérence malgré un éclectisme plastique très radical. Dans les premiers travaux Gabellone, les photographies alternent avec les réalisations en trois dimensions. Il y est toujours question de sculpture, des gestes de la sculpture ou de sa construction mentale. Jaune d’or, ce relief en résine époxy intitulé Irò, irò, irò fait référence à un poème de Marinetti, dont l’artiste emprunte les premiers mots. C’est le deuxième relief d’une série de trois œuvres, toutes autographes.
 

Steven PippinLaundromat Locomotion, Horse Rider et Sequence, 1997, Mamiya C330 de la série Non Event, 2010 (voir galerie d'images)

Steven Pippin s’est fait connaître dans les années 1980 par ses photos réalisées à l’aide d’objets de la vie quotidienne transformés en chambres noires. De l’armoire à la baignoire et jusqu’à la galerie d’exposition de Portikus, à Francfort, ou celle du Frac Limousin, à Limoges, tout y est passé, y compris l’incontournable cabine de photomaton. La série dont fait partie le diptyque met en scène la destruction d’autant d’appareils photo shootés (dans les deux sens du terme) au moment même où un projectile tire à bout portant, vient les percuter pour les mettre hors d’usage.
 

Valérie Belin4 photographies de la série Métisses, 2006 (voir galerie d'images)

Depuis la fin des années 1980, l’artiste française Valérie Belin (née en 1964), construit - essentiellement à partir de la photographie - une œuvre puissante et poétique où domine le sentiment d’inquiétante étrangeté. Deux des séries parmi les plus remarquées dans son œuvre font leur entrée dans les collections du musée national d’art moderne. Elles convoquent à la fois la thématique du mannequin, un thème récurrent dans l’œuvre de cette artiste, et le sentiment d’inquiétante étrangeté propre à son travail.
 

William Wegman, ensemble de photographies

Ces cinq autoportraits ont tous été réalisés entre 1970 et 1977. L’opportunité de réunir un ensemble de cette qualité et de cette cohérence est rare et a nécessité plusieurs campagnes de recherches : depuis sa parution en 1990, le fonds de l’artiste avait été partiellement dispersé. Les cinq œuvres photographiques acquises par le Centre Pompidou constituent un complément pertinent et précieux de la série déjà conservée par le musée.


Eileen GrayFauteuil (prototype d’essai) Circa, 1920
 
Un dessin trouvé chez le collectionneur possédant l’archive Eileen Gray attribue sans conteste la création de ce fauteuil à l’artiste. Son entrée dans la collection du Centre Pompidou vient compléter les pièces modernistes de Gray déjà présentes au musée, permettant d’offrir une lecture plus complète de son œuvre et d’explorer la dernière période de son parcours artistique.


Joe Colombo, ensemble d’œuvres (voir galerie d'images)
 
Architecte et designer italien, Joe Colombo (1930 - 1971) se fait l’écho, dans les années 1960, des changements de société et de l'évolution des modes de vie. Il contribue à réinventer radicalement le design. Ses créations emblématiques symbolisent les années 1960 à la fois par l’usage du plastique et par la transformation de l’objet. L’ensemble de pièces acquises est issu du Studio Joe Colombo : il comprend des éditions et des dessins originaux. Cet ensemble rejoint les pièces déjà entrées au Musée national d’art moderne (fauteuil, chaise) pour constituer un corpus riche et représentatif de l’œuvre de ce designer, parmi les plus innovants du 20e siècle.
 

Claude ParentSissable VI, conflit ou métamorphose, 2002 - 2003, Conquérir l’horizon 2, Sissable, 2003, À l’ombre de la grotte, Sissable 4, 2003

Engagé dans son époque, anticipant celle à venir, Claude Parent (26 février 1923 - 27 février 2016) a considéré l’architecture comme «le principe effectif d’une transformation et d’une évolution sociale». Il fut la figure tutélaire de la fonction oblique qui émerge dans les années 1960. Défenseur d’une architecture expérimentale, visionnaire, il invente une utopie urbaine. Ces trois dessins appartiennent à une série réalisée à la mine de plomb entre 2002 et 2010 ; ils donnent forme à ses visions de routes ponctuées d’abris pour y séjourner sans se sédentariser, de belvédères pour profiter de l’horizon, d’hôpitaux de fortune... 

 

Claude CloskyPremier Plan, 2015

Claude Closky travaille depuis les années 1980 avec une grande variété de médias et s’intéresse à des modes de production divers : vidéo, photographie, dessin, peinture, sites Internet, algorithmes et autres outils numériques, papiers peints, éditions, etc. Son œuvre aborde les valeurs de la société néolibérale à travers le prisme d’une déconstruction conceptuelle qui s’empare aussi bien des représentations que des technologies et des langages qui les constituent.

LES ACHATS AVEC MÉCÉNAT

Asger JornL’avant-garde se rend pas, 1962 (voir galerie d'images)

Achat réalisé grâce à la Ny Calsbergfondet

L’artiste danois Asger Jorn (1914 - 1973) était représenté dans la collection par cinq peintures, trois dessins et quelques estampes. Cette acquisition ajoute un chef-d’œuvre à cet ensemble. Ce tableau a été présenté dans toutes les expositions d’envergure consacrées à l’artiste. S’il y a une peinture de A. Jorn que l’on peut qualifier de « situationniste », c’est bien celle-ci, d’où l’importance de son entrée dans la collection.
 

Pierre MolinierLe temps de la mort n°1, 1962

Achat réalisé grâce à la Société des amis du Musée national d'art moderne

Tout jeune, Pierre Molinier (né en 1900, à Agen) peint, dessine et réalise des photographies. Très proche de celui des surréalistes, son travail s’inspire d’un certain fétichisme. Avec cette œuvre illustrant une vision sexuelle, sensuelle et morbide à la fois d’un accouplement, Molinier place le spectateur dans la position du voyeur/témoin. Les œuvres de Pierre Molinier sont très rares dans les collections françaises.
 

Paul KleeNot durch Wasser [Détresse causée par l’eau], 1940 (voir galerie d'images)

Achat réalisé grâce aux fonds de la société Kandinsky

En 1940, année de sa mort, Paul Klee a réalisé deux dessins qui, par leurs titres et leurs numérotations successives dans son catalogue manuscrit, s’annoncent comme un duo : Not durch Wasser et Not durch Dürre. Ces deux dessins, de formats presque identiques, pourraient se lire comme un diptyque sur le cycle de la vie. Not durch Wasser, en dépôt au Kunstmuseum Berne puis au Zentrum Paul Klee entre 1992 et 2013, est issu de la succession de l’artiste. Le fait que ce dessin figure dans son catalogue raisonné parmi les œuvres reproduites en pleine page et en couleur, témoigne de son importance. En outre, il est souvent cité dans la littérature portant sur l’œuvre tardive de Klee et a été présenté dans nombre d’expositions internationales.
 

Joachim BandauDer Späher, 1974 

Achat réalisé avec le soutien de Florent Trastour

Cette œuvre de l’artiste allemand, Joachim Bandau (né en 1936, à Cologne) fait partie d’un ensemble en mouvement dont il avait conçu le principe dès les années 1970. Réalisé à partir d’objets trouvés découpés, ses fragments sont réarrangés et intégrés à des formes architecturales en fibre de verre recouvertes de polyester. Leur anthropomorphie leur confère une « inquiétante étrangeté ». Ils ne sont pas de nature robotique ; ils dégagent un sentiment complexe entre le référent archéologique de la momie et l’humanoïde futuriste. Très présente dans les collections publiques allemandes, l’œuvre de Bandau fait avec pièce son entrée dans la collection du Centre Pompidou.


Miriam CahnVorkriegstraäumen, 23.02 - 12.03.2003 

Don de la Société des amis du musée national d'art moderne

À travers les 17 toiles de cet ensemble Vorkriegstraäumen 23.02 - 12.03.2012 (Rêver de manière prémonitoire de la guerre), Miriam Cahn (née à Bâle en 1949) exprime des émotions qui la hantent en raison de souvenirs familiaux et de situations politiques internationales instables dont elle a été, et est, toujours témoin. L’entrée de cette œuvre majeure dans la collection constitue, avec ses dessins performatifs au fusain des années 1980, un ensemble significatif de cette artiste hors norme.


Kara WalkerFor the Benefit of all the Races of Mankind 

Don de la Société des amis du musée national d'art moderne

Plasticienne afro-américaine (née en 1969, en Californie), Kara Walker a bénéficié en quelques années d’une grande visibilité sur la scène internationale. Elle s’est surtout fait connaître, dès les années 1990, pour son travail autour des préjugés raciaux et de genre, mettant en scène la sexualité et la violence à travers des silhouettes noires en papier découpé, collées sur les murs. L’œuvre de Kara Walker est encore peu représentée dans les collections publiques françaises et cette acquisition majeure vient ainsi enrichir la collection du Centre Pompidou de façon remarquable.


Apostolos GeorgiouSans titre, 2012 

Don du Cercle international de la Société des amis du musée national d'art moderne

Apostolos Georgiou a étudié l’architecture à la Hochschule für Angewandte Kunst de Vienne et à l’Accademia di Belle Arti di Firenze, à Florence. Il explore le thème de l’existence humaine, se concentrant sur la condition de l’homme. Cette œuvre est une des premières peintures de la série qu’il a entreprise depuis 2012. Alliant l’humour absurde et mythologie du quotidien, ses scènes comme prises sur le vif se concentrent sur l’homme en éliminant les représentations périphériques de la scène représentée. 


Ceal FloyerStop Motion, 2008 

Don du groupe d’Acquisition pour la photographie de la Société des amis du musée national d'art moderne

Si l’on s’accorde à considérer John Baldessari, Robert Barry, Mel Bochner, Douglas Huebler, Lawrence Weiner… comme les pionniers de l’art conceptuel, Ceal Floyer fait partie d’une troisième génération d’artistes conceptuels non américains. Le diptyque reprend une des nombreuses et célèbres séquences photographiques du physicien Harold Edgerton. Une goutte de lait tombant dans une coupe déjà pleine produit une corolle à la surface du liquide. L’artiste s’en empare. Mais elle isole la goutte en suspension et la magnifique éclaboussure. Un nouvel effet de suspense s’invite : la première image, tout à fait abstraite, ne trouve son sens que lorsque survient la seconde et quand le visiteur a parcouru (horizontalement) le chemin vertical que la gravitation naturelle promettait à l’élément liquide. L’œuvre donne un nouveau sens à l’image d’archive, qu’elle contrarie dans sa finalité scientifique.


Mathieu PernotSérie Photomatons, 1995 - 1997 

Don du groupe d’Acquisition pour la photographie de la Société des amis du musée national d'art moderne

Mathieu Pernot est un artiste et photographe français qui s’est fait connaître par son travail et son engagement auprès des communautés tsiganes, travaillant en particulier sur les questions de l’identité, de l’enfermement et de l’urbanisme. La série des photomatons, réalisée entre 1995 et 1997 avec des enfants tsiganes dans la gare d’Arles, rappelle les procédures signalétiques auxquelles les tsiganes ont été les premiers soumis au début du 20e siècle. En reprenant ces codes de l’identité, en montrant la résistance des enfants, M. Pernot nous interroge sur la place attribuée à cette communauté dans nos représentations.
 

Younes RahmounManzil Janna, 2015 (voir galerie d'images)

Don du Cercle international - Groupe Moyen-Orient de la Société des amis du musée national d'art moderne

Younes Rahmoun (né en 1975 à Tétouan, au Maroc) développe un œuvre polymorphe et minimal, basé sur son expérience de la spiritualité et de l’échange. Chaque matériau, chiffre, orientation, couleur a une signification profonde, souvent en relation avec l’Islam et le Soufisme en particulier. Manzil Janna, qui signifie « maison-paradis » en arabe, est une installation de sept sculptures translucides en résine blanche en forme de maisons, chacune supportée par quatre échasses blanches. Ces maisons sont une invitation à imaginer le mystère de l'être.
 

Bruno MunariMachines inutiles, 1949 

Don de la Société des amis du musée national d'art moderne

Forchette parlanti, 1958, ensemble de 6 fourchettes 

Achat réalisé avec le soutien de la Société des amis du musée national d'art moderne, groupe d'acquisition pour le design

Artiste italien, designer, illustrateur, pédagogue, Bruno Munari a expérimenté tous les modes d’expression : film, illustration, sculpture, peinture, design, livre. Il a traversé en pionnier tous les mouvements artistiques de l’art cinétique et de l’art programmé, s’efforçant de « rendre concrète, visible, tactile une pensée esthétique ». Les Machines inutiles se présentent sous la forme d’écrans chromatiques suspendus qui chorégraphient l’espace. Ces œuvres sont définies par un principe de légèreté qui leur permet de s’animer dans l’espace. La question pour B. Munari étant « comment suspendre une peinture dans les airs ? « Exercices de topologie expérimentale », les Machines inutiles expérimentent un espace-temps élastique, marqué par la quatrième dimension.

LES DONS

Leon Golub, Vietnam I, 1972 

Don de Paul, Stephen, Philip Golub et la Nancy Spero et Leon Golub foundation for the arts

Le peintre américain Leon Golub, né en 1922 à Chicago, est décédé en 2004 à New York. Important représentant de la figuration durant l’Après-Guerre, Golub est fasciné par les complexités et mécanismes des structures du pouvoir. Ses peintures proposent un constat social politique et humanitaire. Ses toiles de la série Vietnam sont de fulgurants aperçus de la nature de la violence et du pouvoir, qu’il déploie en narrations théâtrales, immenses, à personnages multiples, entre guerre et mémoire.
 

Gérard Fromanger, Paysage simple et sans histoire, Paysage échantillonné, Le tableau se remplit, Tableau caché, 1966-67 (voir galerie d'images)

Don de l’artiste

" Les Paysages découpés ", série à laquelle appartiennent ces quatre pièces, constituent un ensemble de variations sur le thème du paysage, réduit à sa plus simple expression : un soleil, un nuage, une ligne d’horizon. Le don par l’artiste de ces quatre œuvres fait suite à l’exposition qu’a consacré, en 2016, le Centre Pompidou à tout son œuvre. Cette série de pièces singulière, dont aucune n’était présente dans une collection publique française vient compléter un très important don précédent fait par l’artiste en 2013.
 

Christian Jaccard14 œuvres, 1977 - 2008

Don de l’artiste

Par sa qualité et son ampleur, cet ensemble proposé au Musée national d’art moderne par l’artiste français Christian Jaccard, représente une donation remarquable. Elle tient compte de la spécificité du fonds des 15 pièces (1971 - 2012) déjà conservées dans la collection du musée et qui illustre toutes les périodes de son œuvre, des années 1970 aux années 2000. L’entrée de ces œuvres en collection assure une représentation très significative du travail de Jaccard, qui a souhaité « légitimer un éclairage sur le processus des énergies dissipées ainsi que sur la diversité et la lisibilité de son exploration durant plusieurs décennies ».


Velu ViswanadhanSable, 1976 et Terres de France, 2014 - 15

Don de l’artiste

Viswanadhan, artiste indien né en 1940, s’est installé en France à la fin des années 1960, en gardant des liens étroits avec son pays. Il est notamment connu pour ses peintures inspirées des mandalas, représentations symboliques de l’univers et issues de la tradition tantrique. C’est en 1985 que le Centre Pompidou expose Sable, un ensemble de dix-sept panneaux, dont chacun est constitué d’une couche de sable du littoral indien. À la suite d’une réflexion sur les divers moments de sa vie, Viswanadhan entreprend de se rendre en différents endroits chargés d’histoire, qu’il filme et où il prélève à quelques poignées de sable aux nuances variées. Chaque panneau est ainsi comme un morceau de l’Inde. Presque quarante ans plus tard, il reproduit le même geste avec Terres de France, autour de lieux emblématiques de l’histoire de l’art français.
 

Karel Appel, ensemble de 14 dessins, 1947 - 2006 (voir galerie d'images)

Don de la fondation Karel Appel

Les collections du Centre Pompidou ne comptaient que trois œuvres majeures de Karel Appel. Or, après l’exposition monographique proposée en 2015, mettant en lumière sa production graphique, prolifique, expérimentale et singulière, ce manque d’œuvres graphiques d’Appel dans les collections était une grave lacune. Ce don vient combler cette carence. Si ces quatorze dessins couvrent l’ensemble de la carrière de l’artiste, ils mettent avantageusement l’accent sur ses premières années, contemporaines de la création du groupe expérimental néerlandais puis de Cobra.
 

Patrick Berger et Jacques AnziuttiLa Canopée, Paris, 2007 - 2016

Don du Pavillon de l’Arsenal et de Patrick Berger

L’équipe d’architectes lauréate du concours pour la réhabilitation du forum des Halles a livré la première tranche de son intervention en 2016. Elle travaille aujourd’hui sur les réaménagements de la gare RER et des circulations du métro. Le Pavillon de l’Arsenal avait présenté l’ensemble du projet grâce à une maquette d’envergure commandée à l’agence d’architecture. Cette maquette est désormais entrée en collection au Centre Pompidou. Elle exprime toute la complexité de l’intervention : construire des milliers de mètres carrés de magasins et d’équipements culturels, tendre une immense couverture, tout en maintenant l’activité souterraine de commerces et de transports.


Jean ProuvéLa Maison Tropicale, 1949 

Donation de la Centre Pompidou Foundation, en 2016, après un don de Robert M. Rubin et Stéphane Samuel à la Centre Pompidou Foundation en 2006

La Maison Tropicale est l’appellation commerciale de la version de la Maison Standard destinée aux colonies et à l’Outre-mer. Elle est le pendant de la Maison Métropole conçue par Jean Prouvé à la fin des années 1940. La Maison Standard est la réponse de Jean Prouvé à l’urgence de la reconstruction : la préfabrication. Pour les donateurs, elle était destinée à intégrer la collection du Centre Pompidou dès lors que celle-ci aurait reçu en donation les archives de la famille Prouvé. Déposée par la Centre Pompidou Foundation, elle a été présentée au Centre Pompidou sur la terrasse Sud du 5e étage du Musée national d’art moderne (2007 - 2009), dans le jardin du Musée des beaux-arts de Nancy (2012), au Musée du fer de Jarville (2014) et fait l’objet d’une publication monographique du Centre Pompidou en 2009.

250 œuvres russes
de la Fondation Vladimir Potanin entrent dans la collection du Centre Pompidou

Cet ensemble a été offert au musée national d’art moderne grâce à la générosité de la Vladimir Potanin Foundation, de collectionneurs, d’artistes et leurs familles. 

Restaurer les œuvres pour mieux les exposer

Les projets du Centre Pompidou nécessitent régulièrement des actions de restauration, qu’il s’agisse de la préparation des accrochages dans le musée, d’itinérance des œuvres de la collection, de prêts ou d’expositions hors les murs…

En 2016, tous les secteurs du service de restauration ont été fortement mobilisés, notamment en prévision des 40 ans du Centre Pompidou et de l’organisation d’expositions en rapport avec cet anniversaire comme « Le geste et la matière, une abstraction ‘autre’ (Paris 1945 - 1965) » à la Fondation Clément en Martinique (22 janvier - 16 avril 2017), mais aussi par les nombreuses rotations d’accrochages, les salles « focus », les expositions organisées au Centre Pompidou (dépôt Westreich-Wagner, « Un art pauvre », « Art et Liberté. Rupture, guerre et surréalisme en Égypte (1938 - 1948) »), celles du Centre Pompidou-Metz et du Centre Pompidou Málaga, ainsi que les expositions hors les murs (HLM) : « Modern Masterpieces » au National Museum of Modern Art à Tokyo et au Shanghai Exhibition Center à Shanghai, « Une Histoire » à la Haus der Kunst à Munich, « Reframing modernism » à la National gallery à Singapour, « Matisse » à la Fondation Gianadda à Martigny, au Palais Chiablese à Turin et au Oklahoma City Museum of Art à Oklahoma city. De très nombreux convoiements d’installation ont été associés à ces opérations.

D’importantes donations telles que celle de Georges Mathieu ou de la Vladimir Potanin Foundation (exposition « Kollektsia ! ») ont fait l’objet d’interventions diverses. Les restaurateurs ont établi des constats à l’usage des comités d’acquisitions et ont pu, à cette occasion, tester l’utilisation de tablettes numériques pour optimiser la réalisation de la documentation et sa sauvegarde.
D’importantes restaurations fondamentales ont été entreprises, associées à une démarche de recherche : œuvres de la donation Mathieu, paravent de Lurçat, Le réveil matin et Contrastes de formes de Fernand Léger, Le magasin de Ben, La réalité telle que je suis de Max Ernst.
Dans le domaine de la photographie, 441 œuvres ont fait l’objet d’interventions dont 200 pour des œuvres faisant l’objet de prêts, 130 pour des œuvres exposées dans la Galerie de photographies du Centre Pompidou (« Les années 1980. L’insoutenable légèreté », « Louis Stettner. Ici et ailleurs », « Brassaï - Graffiti »). 50 photographies de Doisneau ont été restaurées et les fonds de la collection Thea Westreich Wagner et Ethan Wagner ainsi que ceux de la Vladimir Potanin Foundation ont été étudiés pour identification de la technique. 293 œuvres graphiques, dessins, affiches, livres du domaine de l’architecture et du design ont été traités pour des prêts, des accrochages, des expositions (« Pierre Paulin », « Un art pauvre », « Mallet-Stevens »).
Enfin, le traitement des sinistres en salles concerne environ une quinzaine d’œuvres.
L’équipe du service de la restauration a également encadré cinq étudiants, participé à des projets de recherche européens et organisé une demi-journée d’étude sur la restauration des œuvres de l’exposition « Art et liberté. Rupture, guerre et surréalisme en Égypte (1938 - 1948) », dans le cadre du Labex Cap. 

Deux chantiers de restauration exemplaires

L’ensemble très important de toiles de Georges Mathieu entrées dans les collections par dation en 2015, comportait des œuvres de très grandes dimensions dont la plupart présentaient les signes d’un mauvais état de conservation.

138peintures restaurées 57sculptures et installations restaurées 441œuvres photographiques restaurées 

Un nouveau parcours de visite au musée, renouveler la lecture de la collection pour valoriser sa richesse et sa diversité 

Le parcours des collections modernes

Offrir au visiteur de nouvelles perspectives sur l’histoire de l’art moderne. 

Le parcours de visite proposé au musée renoue avec une progression historique et chronologique, marquée par les grands jalons historiques. Il propose au visiteur de suivre le fil des figures majeures, des œuvres emblématiques et des mouvements fondateurs de l’histoire de l’art moderne. Il met en évidence des généalogies et offrent de revenir sur métissages. Sont présentés non seulement des œuvres iconiques des enjeux fondamentaux de l’art moderne, mais aussi des acquisitions récentes et des documents rares. Avec des avant-gardes historiques constituées, entre autres, par le fauvisme, à travers des salles consacrées aux mouvements Cobra, Fluxus, abstraction lyrique…, ou encore grâce à des salles dédiées aux grands mouvements du design et de l’architecture, le visiteur est invité à un voyage à travers l’histoire de l’art du 20e siècle. 

Pour la partie consacrée à l’art moderne, des expositions dossiers, identifiées par des murs de couleur grise, ponctuent et intensifient le parcours de visite, ouvrant d’autres perspectives sur l’histoire de l’art moderne. De salles en vitrines, de traverses en cimaises, renouvelés tous les six mois, ces modules explorent une problématique commune. Au premier semestre 2016, ces grands « passeurs » que sont les historiens et critiques d’art, amateurs éclairés ou penseurs du temps, ont été célébrés : parmi eux, la fratrie Stein, Wilhelm Ühde, Robert Lebel, Siegfried et Carola Giedion ou Alain Jouffroy. Au second semestre, le musée a interrogé la façon dont les artistes ont accompagné, durant la première moitié du 20e siècle, les grandes idéologies politiques. Différents cas d’étude, ayant suscité des recherches de fond dans les collections, ont permis de rendre compte de la Révolution d’octobre (à travers différentes entrées thématiques), de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), de l’architecture d’Adalberto Libera marquée par le fascisme, du réalisme socialiste à la française ou de l’Internationale situationniste. De nombreuses œuvres et documents rares ont été présentés pour l’occasion.

Ainsi, grâce à ce nouveau fil rouge dans accrochage, le musée incite à la compréhension de l’histoire de l’art moderne dans sa diversité et ses enjeux par tous les publics : il expose à la fois l’œuvre des artistes qui ont marqué le cours de cette histoire tout en offrant une approche plus profonde à destination des visiteurs plus initié. 

Des collections contemporaines en mouvement 

Le Centre Pompidou a présenté un accrochage inédit des collections contemporaines, intitulé « Cher(e)s Ami(e)s » au niveau 4 du 23 mars 2016 au 12 février 2017. Cette présentation mettait à l’honneur les donateurs qui, par leur générosité, leur passion et leur engagement, contribuent à l’enrichissement des collections. L’accrochage a mis en avant les œuvres contemporaines entrées au Musée national d’art moderne depuis les cinq dernières années, réalisées par des artistes du monde entier et de toutes les générations. Grâce à ces « Cher(e)s Ami(e)s », le Centre Pompidou offrait ainsi une lecture de l’art au présent.

Depuis son ouverture en 1947, le musée a toujours pu compter sur la générosité de mécènes et de donateurs. Toutes les disciplines artistiques sont représentées : arts plastiques, vidéo, film, photographie, dessin, architecture ou design. Le Centre Pompidou a choisi de rendre un hommage particulier aux donateurs en montrant comment la collection a pu garder toute sa vitalité grâce à leurs libéralités. Ces donateurs, personnes privées, artistes, galeristes, fondations et groupes d’amis, viennent de tous les horizons. Le Projet pour l’art contemporain, la Société des amis du musée national d’art moderne, le groupe Perspectives constitué de jeunes collectionneurs, le Cercle international - réunissant des collectionneurs du monde entier et notamment un groupe dédié au Moyen-Orient - les Amis japonais, la Centre Pompidou Foundation mais également les fondations philanthropiques et les nombreux collectionneurs privés, tous témoignent de l’effort collectif, français et international, accompli autour de la collection du Centre Pompidou. 

Premier volet d’une série d’hommages à venir, « Cher(e)s Ami(e)s » a offert au public une collection vivante témoignant de la diversité de la création contemporaine. 

Au musée devant Open House, Michael Zelehoski, 2012 © Centre Pompidou / Photo : Manuel Braun, 2016

Kollektsia ! 
Art contemporain en URSS et en Russie. 1950 - 2000

Musée, niveau 4 
14 septembre 2016 - 27 mars 2017

À partir de septembre 2016, le Centre Pompidou a exposé le don de plus de deux cent cinquante œuvres soviétiques et russes contemporaines réunies grâce au soutien et à l’engagement de la Vladimir Potanin Foundation. Cet ensemble remarquable d’œuvres a pu être offert au Centre Pompidou grâce à la générosité de la Vladimir Potanin Foundation, des collectionneurs, des artistes et leurs familles. Inscrit dans une année placée sous le signe d’un hommage aux donateurs, ce projet rappelle l’importance cruciale de cette générosité pour le développement des institutions patrimoniales.

L’ensemble ainsi constitué, composé d’œuvres d’artistes majeurs, offre un panorama, sans prétention à l’exhaustivité, de quelques quarante années d’art contemporain en URSS puis en Russie, à travers les principaux mouvements qui les ont sillonnées. Sa présentation donnait à voir la richesse d’un art né en marge du cadre officiel, de la fin des années 1950 jusqu'au début des années 2000. En URSS, dès les années 1950, les artistes dits « non conformistes » découvrent l’art international exposé dans la Moscou du « dégel » et renouent avec les pratiques des avant-gardes modernes, condamnées depuis le milieu des années 1930. Les années 1970 voient s’affirmer deux mouvements aux frontières poreuses. L’école conceptualiste accorde une place prépondérante au langage. Travaillant à la croisée de la poésie et de la performance, ses protagonistes proposent dans la Moscou de la « stagnation » un art rappelant la primauté de la littérature dans la culture russe. Concomitant de ce mouvement, le Sots art détourne dans une veine pop les codes de la propagande de masse. À partir de la seconde moitié des années 1980, l’avènement de la perestroïka provoque un véritable bouillonnement créatif imprégné de culture underground, prolongeant les apports des générations précédentes. Elle permet l’explosion des forces créatives à Moscou et à Leningrad. Après la fin de l’Union soviétique, en 1991, et surtout à partir des années 2000, l’art contemporain s’institutionnalise et intègre peu à peu la culture nationale. 

KollektsiaBoris Orlov, Buste dans le style de Rastrelli, 1996 © Boris Orlov / Adagp, Paris 2017

Un nouvel espace prospectif, la Galerie 0

Dédié aux différentes formes de la création contemporaine, un nouvel espace de quelque 400 m2 a ouvert ses portes au niveau 4, en fin de parcours des collections du Centre Pompidou. Souhaité à son arrivée par Serge Lasvignes dans le cadre de ses orientations stratégiques, cet espace résolument prospectif et tourné vers l’émergence, invite tous les publics à découvrir des projets inédits et expérimentaux d’artistes ou de groupes d’artistes, de nouveaux modes de production, de nouvelles formes artistiques, au croisement des disciplines. À géométrie et temporalité variables, la Galerie 0 - Espace prospectif entend favoriser l’expérimentation et remettre en question la forme-exposition. Endroit de réflexion résolument inscrit au cœur du musée, en prise directe avec les enjeux soulevés par les arts visuels dans leurs composantes actuelles, c’est également un lieu de débats d’idées, accueillant des interventions, performances, conférences… Lieu de ralliement, il réunit artistes et designers, collectifs et partenaires de tous horizons, notamment centres d’art, structures associatives, écoles d’art et universités…

Meschac Gaba, Mobile Library (Bibliothèque Roulante), 2012. Photo : © M. Domage, courtesy of Meschac Gaba & Galerie In Situ – Fabienne Leclerc, Paris
 

#DES EXPOSITIONS DE RÉFÉRENCE, DES PROPOSITIONS INÉDITES

Des expositions monographiques, historiques, thématiques, de référence et des relectures inédites ou prospectives pour offrir au visiteur un panorama sans cesse renouvelé de l’art et de la création moderne et contemporaine, ouvert au monde.

Les figures de l’art moderne

Wifredo Lam
Galerie 2
Commissaire : Catherine David
30 septembre 2015 - 15 février 2016
193 993 visiteurs / 1 644 par jour

Le Centre Pompidou a consacré une ample rétrospective à l’œuvre et à la trajectoire du peintre Wifredo Lam (1902 - 1982), des années 1930 aux années 1970. L’exposition s’attachait à replacer l’œuvre de l’artiste cubain dans une histoire internationale de l’art moderne, dont il est l’un des acteurs essentiels, tant en Europe qu’aux Amériques.
À travers plus de 400 œuvres - peintures, dessins, photographies, revues et livres rares, l’exposition proposait une traversée inédite de l’œuvre de l’artiste dans un parcours chronologique : Espagne, 1923 - 1938 ; Paris-Marseille, 1938 - 1941, Cuba et les Amériques ,1941 - 1952, Paris, Caracas, La Havane, Albissola, Zurich, 1952 - 1961, Paris et Albissola, 1962 - 1982. Cette rétrospective a bénéficié du prêt exceptionnel de La Jungla, 1943, œuvre phare de l’artiste, conservée au MoMA de New York.
Traversant toutes les périodes, l’exposition retraçait le parcours original de l’artiste. Des toutes premières années cubaines et du séjour espagnol (1923 - 1938) - dont nombre d’œuvres ont été retrouvées tardivement à Madrid - à l’éblouissante séquence des gravures des années 1960 et 1970, l’exposition apportait un nouvel éclairage sur les œuvres capitales du «Retour au pays natal» (1942 - 1952), dans le contexte politique et culturel de l’époque. Le parcours de l’exposition suivait les différentes séquences de la vie et du travail de l’artiste au gré de ses rencontres avec des intellectuels et des poètes qui ont marqué le siècle.

Paul Klee
L'Ironie à l’œuvre
Galerie 2
Commissaire : Angela Lampe
6 avril - 1er août 2016
381 153 visiteurs / 3 774 par jour

Le Centre Pompidou a proposé une nouvelle traversée de l’œuvre de l’un des artistes les plus emblématiques du 20e siècle, figure singulière de la modernité : Paul Klee. Il s’agissait de la première rétrospective importante présentée en France depuis l’exposition de 1969 au musée national d’art moderne. 

Réunissant deux-cent trente œuvres, provenant du Zentrum Paul Klee, Berne, des plus grandes collections internationales et de collections particulières, cette rétrospective posait un nouveau regard sur l’œuvre de Klee. Elle mettait en évidence la façon dont Klee pratiquait l’ironie selon une démarche qui trouve son origine dans le premier romantisme allemand, un balancement entre satire et affirmation d’un absolu, fini et infini, réel et idéal. Paul Klee s’inscrivait dans la pratique de l’ironie inspirée par le philosophe Friedrich Schlegel : « Tout en elle doit être plaisanterie, et tout doit être sérieux, tout offert à cœur ouvert, et profondément dissimulé ».
L’exposition se déployait en sept sections thématiques qui mettaient en lumière chaque étape de l’évolution artistique de Paul Klee : « Les débuts satiriques » (les premières années) ; « Klee et le cubisme » ; « Théâtre mécanique » (à l’unisson avec Dada et le Surréalisme) ; « Klee et les constructivismes »; « Regards en arrière » (les années 1930) ; « Klee et Picasso » (la réception par Klee après la rétrospective de Picasso à Zurich en 1932) ; « Années de crise » (entre la politique nazie, la guerre et la maladie).
Cette exposition était dédiée à Pierre Boulez.

Magritte 
La Trahison des images

Galerie 2
Commissaire : Didier Ottinger
21 septembre 2016 - 23 janvier 2017
597 390 visiteurs / 5 531 par jour 

L’exposition proposait une approche à ce jour inédite de l’œuvre de l’artiste belge René Magritte. Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d’autres peu connues de l’artiste, provenant des plus importantes collections publiques et privées, l’exposition offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne. Une centaine de tableaux, de dessins, et des documents d’archives, ont été réunis pour offrir au public cette approche qui s’inscrit dans la ligne des monographies que le Centre Pompidou a consacrées aux figures majeures de l’art du 20e siècle : « Edvard Munch. L’œil moderne », « Matisse. Paires et séries » et « Marcel Duchamp. La peinture, même ». 
La manifestation explorait un intérêt du peintre pour la philosophie, qui culmine, en 1973, avec Ceci n’est pas une pipe que publie Michel Foucault, fruit de ses échanges avec l’artiste. Dans une conférence qu’il donne en 1936, Magritte déclare que les affinités électives, qu’il peint en 1932, marque un tournant dans son œuvre. Ce tableau signe son renoncement à l’automatisme, à l’arbitraire du premier surréalisme. L’œuvre, qui montre un œuf enfermé dans une cage, est la première de ses peintures vouées à la résolution de ce qu’il nomme un « problème ». Au hasard ou à la «rencontre fortuite des machines à coudre et des parapluies», succède une méthode implacable et logique, une solution apportée aux «problèmes» de la femme, de la chaise, des souliers, de la pluie…. Les recherches appliquées à ces «problèmes», qui marquent le tournant «raisonnant» de l’œuvre de Magritte, ouvrent l’exposition. À l’art de Magritte sont associés des motifs (Rideaux, Ombres, Mots, Flamme, Corps morcelés..), que le peintre agence et recompose au fil de son œuvre. L’exposition replaçait chacun de ces motifs dans la perspective d’un récit d’invention de la peinture, de mise en cause philosophique de nos représentations : aux rideaux, l’antique querelle du réalisme qui prit la forme d’une joute entre Zeuxis et Parrhasios ; aux mots, l’épisode biblique de l’adoration du veau d’or qui confronte la loi écrite et les images païennes ; aux flammes et aux espaces clos, l’allégorie de la caverne de Platon ; aux ombres, le récit de l’invention de la peinture relatée par Pline l’ancien. 

René Magritte, Les vacances de Hegel, 1958, collection particulière. Photo : © Singer Éditions © Adagp, Paris 2017
René Magritte, Les vacances de Hegel, 1958, collection particulière. Photo : © Singer Éditions © Adagp, Paris 2017#
René Magritte, La Durée poignardée, 1938, The Art Institute of Chicago, Joseph, Winterbotham Collection © Photothèque R. Magritte / BI © Adagp, Paris 2017
René Magritte, La Durée poignardée, 1938, The Art Institute of Chicago, Joseph, Winterbotham Collection © Photothèque R. Magritte / BI © Adagp, Paris 2017#
René Magritte, Le Modèle rouge, 1935 © Centre Pompidou / Photo : A. Rzepka, © Adagp, Paris 2017
René Magritte, Le Modèle rouge, 1935 © Centre Pompidou / Photo : A. Rzepka, © Adagp, Paris 2017#

Les monographies contemporaines

Anselm Kiefer
Galerie 1
Commissaire : Jean-Michel Bouhours
16 décembre 2015 - 18 avril 2016
297 795 visiteurs / 2 783 par jour

Proposant une traversée inédite de l’œuvre d’Anselm Kiefer, cette rétrospective, la première présentée en France depuis trente ans, invitait le visiteur à parcourir une dizaine de salles thématisées retraçant l’ensemble de la carrière de l’artiste allemand, de la fin des années soixante à aujourd’hui. Elle réunissait près de cent cinquante œuvres dont une soixantaine de peintures choisies parmi les chefs-d’œuvre incontournables, des installations, des œuvres sur papier ainsi que quelques livres d’artiste. L’exposition, qui donnait à voir les peintures historiques et emblématiques telles que Quaternität (1973), Varus (1976), Margarete (1981) ou encore Sulamith (1983) dévoilait un ensemble de quarante « vitrines » réalisées spécifiquement pour cet événement sur les thèmes de l’alchimie et de la Kabbale. Sous verre, ces environnements mettent en jeu l’univers disloqué d’un âge industriel révolu : vieilles machines, morceaux de ferrailles rouillées, plantes, photographies, bandes et objets de plomb ; loin des cabinets de curiosités, c’est le mystère de leur présence que l’artiste met en exergue, l’émission d’une lumière de mystère propre à l’alchimie.... L’œuvre d’Anselm Kiefer invitait le visiteur, avec une singulière intensité, à découvrir les univers denses et variés, de la poésie de Paul Celan, Ingeborg Bachmann ou encore Jean Genet, à la philosophie d’Heidegger, aux traités d’alchimie, aux sciences, à l’ésotérisme, à la pensée hébraïque du Talmud et de la Kabbale. Des installations monumentales et des peintures de très grands formats voisinaient au Centre Pompidou avec des œuvres sur papier et des objets à la résonance plus intime. 

Dès le forum du Centre Pompidou, le visiteur se trouvait face à une des installations monumentales que l’artiste a réalisées à Barjac (Gard), son lieu de vie et de travail entre 1993 et 2007. Né en mars 1945 à Donaueschingen, Anselm Kiefer participe avec Georg Baselitz, Gerhard Richter, Sigmar Polke ou encore Jörg Immendorff au renouveau de la peinture allemande des années 1970, qui émerge dans un contexte international marqué par le néo-expressionnisme. L’œuvre d’Anselm Kiefer apparaît très vite comme singulier, par son obsession à traiter de l’Histoire et des mythes propres à la culture germanique. Les paysages urbains contemporains en déréliction où s’enchevêtrent blocs de béton et ferrailles tordues ont fait fonction de catharsis d’un trauma originel lié à sa naissance en mars 1945, et engendré la mise en œuvre d’une esthétique de la ruine. S’il existe une tradition d’un art de la ruine depuis la Renaissance, avec Joachim du Bellay puis Hubert Robert, Diderot et les romantiques, chez Anselm Kiefer, elle est à l’œuvre, elle en constitue le présent. Pour l’artiste, la matière porte en elle son propre esprit, et sa mémoire. 

Varda/Cuba
Galerie de photographies
Commissaires : Clément Chéroux et Karolina Ziebinska-Lewandowska
10 novembre 2015 - 1er février 2016
27 912 visiteurs / 399 par jour

Décembre 1962, Agnès Varda est à Cuba, à la Havane. L’exposition de la Galerie de photographies a révélé pour la première fois au public les étonnantes photographies réalisées par Varda lors de ce séjour et qui sont récemment entrées dans les collections du Centre Pompidou.

Son périple s’inscrit dans la tradition des voyages d’artistes et d’intellectuels français à Cuba. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gérard Philipe ou Chris Marker y sont déjà allés ; Henri Cartier-Bresson et René Burri sont là en même temps qu’elle ; Michel Leiris, Marguerite Duras et quelques autres y séjourneront bientôt. Agnès Varda raconte volontiers qu’elle a eu trois vies : d’abord photographe, puis cinéaste, avant de devenir artiste plasticienne. De ces trois existences, c’est certainement la première qui est la moins connue. 

À La Havane et dans ses environs, Agnès Varda découvre un étonnant cocktail de politique omniprésente et de sensualité débridée. Cuba représente à ses yeux la rencontre inédite « du socialisme et du cha-cha-cha ». Varda y réalise des milliers de photographies en vue d’en faire un film. De retour à Paris, la cinéaste filme ses séries de photographies au banc-titre. Mises en séquences, les images fixes se trouvent ainsi réanimées au rythme des congas et d’un texte lu par Michel Piccoli et Varda elle-même. D’une durée de trente minutes, le film sort en mai 1964. Il porte le titre Salut les Cubains, en référence au magazine phare des yé-yé, Salut les copains, créé deux ans plus tôt. Les photographies utilisées pour le film sont loin d’être de simples notes de voyage, des vues documentaires de circonstance, ou les simples supports d’un commentaire en voix off. Elles révèlent un véritable œil de photographe. L’exposition de la Galerie de photographies mettait en dialogue ces photographies et le film créant, entre images fixes et images animées, une tension qui est au cœur de l’œuvre d’Agnès Varda.

Agnès Varda, Cuba, 1963, (détail) © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo: G. Meguerditchian © Agnès Varda
Agnès Varda, Cuba, 1963, (détail) © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo: G. Meguerditchian © Agnès Varda

Cy Twombly
Galerie 1 
Commissaire : Jonas Storsve
30 novembre 2016 - 24 avril 2017
93 314 visiteurs / 3 333 par jour au 31 décembre 2016
    
Le a organisé la première rétrospective complète de l’œuvre de l’artiste américain Cy Twombly. Événement de l’automne 2016, cette exposition d’une ampleur inédite était uniquement présentée à Paris. Elle rassemblait des prêts exceptionnels, venant de collections publiques et privées du monde entier.
Construite autour de trois grands cycles : Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at Iliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000), cette rétrospective retraçait l’ensemble de la carrière de l’artiste à travers un parcours chronologique de cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies permettant d’appréhender toute la richesse d’un œuvre, à la fois savant et sensuel. Dans cette sélection, le visiteur a pu découvrir les œuvres emblématiques de l’artiste dont beaucoup, jamais exposées en France.
Né en 1928 à Lexington, Virginie, Cy Twombly est décédé en 2011, à l’âge de quatre-vingt-trois ans, à Rome où il a passé une grande partie de sa vie. Unanimement salué comme l’un des plus grands peintres de la seconde moitié du 20e siècle, C. Twombly qui, depuis la fin des années 1950, partageait sa vie entre l’Italie et les États-Unis, « syncrétise » l’héritage de l’expressionisme abstrait américain et les origines de la culture méditerranéenne. De ses premiers travaux du début des années 1950, marqués par les arts dits primitifs, le graffiti et l’écriture, jusqu’à ses dernières peintures aux couleurs exubérantes, en passant par ses compositions très charnelles du début des années 1960 et sa réponse à l’art minimal et conceptuel dans les années 1970, cette rétrospective soulignait l’importance que Cy Twombly accorde aux cycles et aux séries dans lesquels il réinvente la grande peinture d’Histoire. L’exposition était aussi l’occasion de rendre sensible la relation forte entretenue par l’artiste avec Paris. Le lui avait dès 1988 consacré une première importante rétrospective.

Pierre Paulin
Galerie 3
Commissaire : Cloé Pitiot
11 mai - 22 août 2016
97 679 visiteurs / 1 085 par jour

Le a présenté la première grande rétrospective consacrée au travail de Pierre Paulin. Les créations de ce designer ont marqué la deuxième moitié du 20e siècle et contribuèrent à une dynamique ouvrant sur un nouvel art de vivre. Designer, architecte d’intérieur, créateur, Pierre Paulin sculpte l’espace, l’aménage, le « paysage ». Ses environnements, ses meubles, ses objets industriels, dépouillés ou spectaculaires se mettent toujours au service du corps, lui offrant confort et réconfort. Ils sont également marqués par sa fascination pour les innovations techniques comme le développement du textile extensible ou du plastique injecté. 

La rétrospective présentait des pièces phares de l’œuvre de Pierre Paulin, jamais ou rarement montrées au grand public : la Coupe à fruit dite aux Nénuphars, le Lustre dit Araignée, le Bonheur-du-Jour ou encore d’autres devenues aujourd’hui iconiques comme le Tripode cage, le Mushroom, la Tongue… l’exposition a fait également la part belle à des projets inédits, autoédités, comme le Tapis-Siège, la Déclive ou la Tente Artifort ainsi qu’à des pièces rares des années 1950 et des prototypes.

À travers plus d’une centaine de meubles, de dessins, de maquettes et d’archives, l’exposition se déployait dans un parcours chronologique rythmé, stand après stand, par les collaborations successives de Paulin avec des éditeurs tels que Meuble TV, Thonet, Disderot, Artifort, les pièces industrielles dessinées pour Adsa, l’agence que Pierre Paulin créa avec son épouse Maïa Paulin et Marc Lebailly en 1975 ou encore le Mobilier National.

Dès la fin des années 1960, les créations de Pierre Paulin entrent dans les collections du MoMa, à New York. En 1971, il est choisi par Claude et Georges Pompidou, pour revisiter l’aménagement des appartements privés de l’Élysée. En 1984, c’est à Pierre Paulin que fait également appel François Mitterrand pour concevoir l’architecture intérieure et le design du bureau présidentiel de l’Élysée.

Grâce au don exceptionnel de la famille du designer, en 2015, le parcours de la rétrospective retrace les cinquante années de création du designer. Ce fonds de mobiliers, d’archives, de documents et de dessins dédiés plus particulièrement à son travail des années 1950 - 1960, éclaire la genèse de l’œuvre de Pierre Paulin : de la main à la main en passant par le design industriel. 

Pierre Paulin, Siège 577 dit Tongue, 1967. Éditeur : Artifort © Centre Pompidou /Dist RMN-GP/ Photo : J.-C. Planchet © Pierre Paulin#
Pierre Paulin, Tapis-Siège, 1980 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Pierre Paulin
Pierre Paulin, Tapis-Siège, 1980 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Pierre Paulin#
Pierre Paulin, Fauteuil F582 dit Ribbon Chair, 1966 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : B. Prévost © Pierre Paulin
Pierre Paulin, Fauteuil F582 dit Ribbon Chair, 1966 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : B. Prévost © Pierre Paulin#
Pierre Paulin, Siège Déclive, 1968 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat © Pierre Paulin
Pierre Paulin, Siège Déclive, 1968 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : Ph. Migeat © Pierre Paulin#
Pierre Paulin, Fauteuil CM170 dit Tripode cage, 1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Pierre Paulin
Pierre Paulin, Fauteuil CM170 dit Tripode cage, 1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Pierre Paulin#

Prix Marcel Duchamp 2014
Julien Prévieux

Espace 315
Commissaire : Michel Gauthier
23 septembre 2015 - 1er février 2016
69 424 visiteurs / 620 par jour
Avec le soutien de l’ADIAF

Lauréat du Prix Marcel Duchamp 2014, invité à exposer au Centre Pompidou, Julien Prévieux avait choisi de mêler dessins, sculptures abstraites et film autour des thèmes de l’enregistrement du mouvement et de la schématisation des corps. Son œuvre interroge notre monde et notre quotidien sous les angles du travail, de l’économie, de la politique. Il s’intéresse aux dispositifs de contrôle, aux technologies de pointe et aux théories du management pour en perturber les logiques. L’artiste détourne les diverses techniques d’enregistrement du mouvement pour en faire des expériences esthétiques mettant en valeur leurs potentialités ludiques et formelles. Dans une démarche de résistance au pouvoir administratif et aux règles de la marchandise, il déploie une stratégie solitaire de la contre-productivité qu’il prolonge au travers de collaborations multiples.

Julien Prévieux, Patterns of Life, 2015. Photo de tournage © Julien Prévieux, courtesy Galerie Jousse Entreprise, avec la participation du Cnap, Centre national des arts plastiquesJulien Prévieux, Patterns of Life, 2015. Photo de tournage © Julien Prévieux, courtesy Galerie Jousse Entreprise, avec la participation du Cnap, Centre national des arts plastiques

Karel Appel
Galerie d’art Graphique
Commissaire : Jonas Storsve
21 octobre 2015 - 11 janvier 2016
64 997 visiteurs / 903 par jour

Le Centre Pompidou a présenté une exposition rétrospective de l’œuvre sur papier de l’artiste néerlandais Karel Appel. Elle offrait au public de découvrir une sélection inédite de quelques quatre-vingt-cinq œuvres sur papier, de 1947 à 2006.

Intimement lié aux activités du groupe Cobra, l’artiste marqua fortement l’art européen au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Installé à Paris dès 1950, l’artiste partage ensuite son temps entre l’Europe et l’Amérique. Premier artiste issu du groupe Cobra à connaître une carrière internationale, son langage pictural reste profondément européen, même si son expérience américaine se fait sentir dans son œuvre.
Karel Appel se dégage très vite du vocabulaire Cobra et forge son propre style, ou plutôt ses propres styles : il expérimente formes et matériaux, tout au long de sa carrière qui couvre plus de soixante ans. Après avoir occupé les devants de la scène artistique pendant des décennies, Karel Appel est aujourd’hui méconnu, un peu oublié en dehors des Pays-Bas. 

Alors qu’une nouvelle génération de collectionneurs, galeristes et historiens de l’art, se penche avec un nouveau regard sur l’art après la Seconde Guerre Mondiale, une relecture du travail de l’un des plus grands artistes européens de la seconde moitié du vingtième siècle, s’imposait.

Claude Rutault
D’où je viens où j’en suis où je vais

Galerie du musée
Commissaire : Michel Gauthier
21 octobre 2015 - 11 janvier 2016
78 119 visiteurs / 1 085 par jour

En 1973, Claude Rutault (né en 1941) prend une décision radicale : ses toiles, lorsqu’elles sont accrochées au mur, auront la même couleur que celui-ci. Ainsi la peinture ne se détache-t-elle plus du mur où elle se trouve ; surtout, elle cesse d’être un objet intangible, puisqu’elle est appelée à changer de couleur en fonction des lieux de son accrochage.

L’exposition que le Centre Pompidou a consacré à Claude Rutault regroupait un ensemble de sept œuvres dont six d’entre elles ont fait l’objet en 2015, d’une donation au musée national d’art moderne, ainsi qu’une sélection d’archives, elles aussi données à la Bibliothèque Kandinsky. Cet ensemble témoigne des grands aspects de l’art de Claude Rutault tel qu’il s’est développé depuis 1973. 

Si l’identité de couleur de la toile et du mur est l’aspect le plus visible et le plus connu de l’œuvre de Claude Rutault, c’est plus largement une volonté d’extension du domaine de la peinture dont témoigne celle-ci. Avec Claude Rutault, la peinture change ainsi de statut. Elle ne consiste plus en un objet qu’il faudrait tenter de conserver le plus longtemps possible dans son état d’origine ; elle doit être interprétée comme peut l’être un morceau de musique : vouée à des actualisations différentes. 

En cela, l’œuvre de Claude Rutault, qui a tôt joui d’une reconnaissance internationale à travers les documenta 6 (1977) et 7 (1982), constitue l’une des plus profondes révolutions qu’ait connues la peinture. L’œuvre de Claude Rutault ne propose rien d’autre qu’une nouvelle politique de la peinture que l’exposition du Centre Pompidou rendait pleinement sensible.

Portrait de l’artiste, Claude Rutault. Photo: © Y. Parham, courtesy Galerie Perrotin#
Vue de l’exposition « Claude Rutault d’où je viens où j’en suis où je vais » © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Claude Rutault
Vue de l’exposition « Claude Rutault d’où je viens où j’en suis où je vais » © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Claude Rutault#
Vue de l’exposition « Claude Rutault d’où je viens où j’en suis où je vais » © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Claude Rutault
Vue de l’exposition « Claude Rutault d’où je viens où j’en suis où je vais » © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Claude Rutault#
Vue de l’exposition « Claude Rutault d’où je viens où j’en suis où je vais » © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Claude Rutault
Vue de l’exposition « Claude Rutault d’où je viens où j’en suis où je vais » © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Claude Rutault#

Gérard Fromanger
Galerie du musée et Galerie d’art graphique
Commissaire : Michel Gauthier
17 février - 16 mai 2016
208 253 visiteurs / 2705 par jour

Le nom de Fromanger, sitôt prononcé, fait se dévider toute une chaîne d’associations : mai 68, des silhouettes rouges, des scènes de rue, Prévert, Godard, Deleuze, Foucault, le photoréalisme, la figuration narrative, la peinture et la politique. 

Si ces associations suffisent à recomposer le décor et à recréer l’atmosphère dans laquelle l’œuvre de Gérard Fromanger gagne une large reconnaissance dans les années 1970, elles ne sauraient toutefois suffire à définir le projet qui, par-delà les mutations fréquentes que l’œuvre a connues, et tout au long d’un demi-siècle, affirme sa permanence : une peinture ouverte sur le monde et en même temps pleinement consciente d’elle-même. 

En une cinquantaine d’œuvres, allant de 1964 à 2015, dont certaines peu connues, l’exposition s’attachait à rendre sensible au gré d’un parcours non chronologique, les différentes expressions du dualisme au cœur de l’art de Fromanger : passion picturale et souci du monde.

Dans l’atelier de Gérard Fromanger, Paris, 2008. Photo : © Centre Pompidou, Bibliothèque KandinskyDans l’atelier de Gérard Fromanger, Paris, 2008. Photo : © Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky

Jean-Luc Moulène
Galerie 3
Commissaire : Sophie Duplaix
19 octobre 2016 - 20 février 2017
42 207 visiteurs / 796 visiteurs par jour

Le Centre Pompidou a consacré pour la première fois une exposition monographique à Jean-Luc Moulène. Invité à concevoir une rétrospective de son œuvre, l’artiste a choisi de présenter une « rétrospective de protocoles » sous la forme d’un programme de production d’une trentaine de nouvelles pièces, manifeste de ses recherches.

Le parcours de l’exposition a permis de saisir, à travers ces œuvres inédites, la richesse et la complexité de l’univers, abstrait et corporel, de l’artiste. Jean-Luc Moulène cherche à « objectiver » le monde par une variété de pratiques, formes et sujets, en ancrant sa réflexion dans les mathématiques, et en particulier dans la théorie des ensembles, qui peut valoir métaphore de l’espace social. Il explore ainsi, en s’appuyant sur les techniques de conception 3D, des opérations telles que l’intersection, la latéralité, la coupe, dans une tension entre corps et objet. Ses œuvres questionnent l’espace commun, la forme que prend cet espace, son intersection avec l’espace individuel.

Si l’on connaît essentiellement Jean-Luc Moulène pour sa pratique photographique, son travail sur les objets, plus récent, occupe aujourd’hui une position centrale. Le recours à des technologies issues du design industriel associé à l’expérimentation minutieuse des matériaux permet la création d’œuvres dont la justesse est l’une des conditions premières. Leur pouvoir d’interrogation tient à cet état de tension et non de résolution qu’elles proposent. Ici, les objets sont « en conversation », moins avec le regardeur qu’avec les autres objets. Le vaste plateau de l’espace d’exposition pourrait s’apparenter à un environnement urbain, avec automobiles et bâtiments, au milieu duquel circulent des corps. Des corps qui doivent trouver leur place dans le chaos des désirs individuels, des contraintes politiques et des conventions sociales.

Prix Marcel Duchamp 2016
Nouvelle formule
Les Nommés
Galerie 3
Commissaire : Alicia Knock
12 octobre 2016 - 30 janvier 2017
49 830 visiteurs / 845 par jour
Avec le soutien de l’ADIAF

Le Centre Pompidou a invité, pour la première fois, les quatre finalistes 2016 du Prix Marcel Duchamp à exposer dans ses espaces : Kader Attia, Yto Barrada, Ulla von Brandenburg et Barthélémy Toguo. Avec cette présentation collective, l’ADIAF et le Centre Pompidou donnent au prix Marcel Duchamp un nouvel élan.  

Cette formule renouvelée permet désormais à chacun des artistes nommés d’exposer, - parfois pour la première fois - au Centre Pompidou. Elle donne l’occasion au public le plus large de découvrir leur travail. Cette première exposition commune a fait saillir les sujets et démarches partagés : regard porté sur l’actualité, approche anthropologique, attrait du rituel, etc. Chaque année, un conservateur du musée national d’art moderne sera associé à la conception de ce projet collectif.

Haegue Yang
Lingering Nous

Installation monumentale - Forum
Commissaire : Bernard Blistène
6 juillet - 5 septembre 2016

Le Centre Pompidou présentait dans le Forum Lingering Nous, une production monumentale réalisée par Haegue Yang (née à Séoul en 1971). Connue pour sa pratique prolifique et variée, H. Yang explore plusieurs disciplines, du collage aux sculptures de performance. Animées par une attention soutenue pour les matériaux, ses recherches livrent une lecture personnelle d'événements et de figures historiques, empreintes de références philosophiques et porteuses d’une grande charge émotionnelle.

Haegue Yang, Lingering Nous, 2016 © Centre Pompidou / Photo : H. Véronèse © Haegue YangHaegue Yang, Lingering Nous, 2016 © Centre Pompidou / Photo : H. Véronèse © Haegue Yang

Les années 1980
L’insoutenable légèreté

Galerie de photographies
Commissaire : Karolina Ziebinska - Lewandoska
24 février - 23 mai 2016
57 846 visiteurs / 761 par jour

L’exposition de photographies et de films présentée par le Centre Pompidou revenait, à travers une soixantaine d’œuvres de plus d’une vingtaine d’artistes, sur les années 1980. Hétérogènes, insaisissables, douloureuses, fantasques, encore trop proches, aussi légères que graves, ces années considérées comme celles de l’apogée du post-modernisme, sont contrastées, paradoxales. 

De Florence Paradeis à Jean-Paul Goude, de Karen Knorr à Présence Panchounette, en passant par Martin Parr et Pierre et Gilles, les œuvres choisies dans la collection entreprenaient pour la plupart la critique de la culture et de la société selon des stratégies variées : ironie, mise en scène réaliste ou fantaisiste, pastiche, détournement du décor, ode à l’artifice... 
L’exposition réunit pour la première fois les œuvres de Bazil Bustamante, David Buckland, Agnès Bonnot, Clegg and Guttman, Paul de Nooijer, Tom Drahos, Jean-Paul Goude, Hergo, Karen Knorr, Elizabeth Lennard, Robert Mapplethorpe, Joachim Mogarra, Patrick Nagatani, Alice Odilon, Présence Panchounette, Florence Paradeis, Martin Parr, Pierre et Gilles, Sandy Skoglund, Unglee, Boyd Webb, et Mark Wilcox.

Louis Stettner
Ici ailleurs 

Galerie de photographies
Commissaires : Clément Chéroux, Julie Jones
15 juin - 12 septembre 2016
55 586 visiteurs / 713 par jour

Le Centre Pompidou a consacré au photographe Louis Stettner une rétrospective d’une centaine d’œuvres dans la Galerie de photographies et met ainsi à l’honneur l’un des derniers grands photographes américains de cette génération toujours en activité. Elle donnait à voir huit décennies d’une production riche, puissante et poétique. 

Né en 1922, Louis Stettner commence la photographie dans les années 1930. Dans les décennies d’après-guerre, il fait de fréquents allers-retours entre la France et les États-Unis. Grand témoin de l’histoire de la photographie, Stettner dévoile le Paris poétique des années d’après-guerre, le New York en mouvement des années 1950, 1960, 1970, la qualité atmosphérique des ambiances urbaines, ou les gestes du travail qu’il a su capter avec une incomparable acuité. 

Souhaitant que le Centre Pompidou devienne le lieu de référence pour son œuvre, Louis Stettner vient de lui faire don d’un ensemble exceptionnel de cent quatre épreuves. Grâce à la générosité d’Hervé et Etty Jauffret, ce don s’accompagne également d’une nouvelle acquisition de sept tirages d’époque de l’artiste et de l’extraordinaire maquette de « Pepe & Tony », un projet de livre de 1956 jamais réalisé.

Présentés dans l’exposition, cet ensemble inédit de tirages vintages et cette maquette sont venues considérablement enrichir le fonds sur la photographie américaine de la collection de photographies du Centre Pompidou. L’exposition présentait les photographies célèbres de Louis Stettner comme Aubervilliers (1947), Brooklyn Promenade (1954), Manège (1949), mais également de nombreuses autres œuvres inédites.

Louis Stettner, Tony, de la série « Pepe and Tony, spanish fishermen » (Pepe et Tony, pêcheurs espagnols), Ibiza, Espagne, 1956 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : G. Meguerditchian © Louis Stettner#
Louis Stettner, Ouvrière dans une imprimerie, France de la série « Workers », 1972-74 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Louis Stettner
Louis Stettner, Ouvrière dans une imprimerie, France de la série « Workers », 1972-74 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Louis Stettner#
Louis Stettner, Brooklyn Promenade, New York, États-Unis, 1954 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Louis Stettner
Louis Stettner, Brooklyn Promenade, New York, États-Unis, 1954 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Louis Stettner#
Louis Stettner, Bouche d’égoût, Times Square, New York, États-Unis, 1954  © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Louis Stettner
Louis Stettner, Bouche d’égoût, Times Square, New York, États-Unis, 1954 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Louis Stettner#
Louis Stettner, Autoportrait, Santiago, Chili, 2000 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP  © Louis Stettner
Louis Stettner, Autoportrait, Santiago, Chili, 2000 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Louis Stettner#

Brassaï
Graffiti

Galerie de photographies
Commissaire : Karolina Lewandowska
9 novembre 2016 - 30 janvier 2017
28 983 visiteurs / 630 par jour

À partir de la richesse de sa collection de photographies le Centre Pompidou a dédié une présentation à la célèbre série « Graffiti » du photographe français d’origine hongroise, Brassaï.

La série des Graffiti, à laquelle le photographe a travaillé pendant plus de vingt-cinq ans, est riche de plus de cinq cents images, dont une partie reste méconnue. L’exposition présentée par le Centre Pompidou dans la Galerie de photographies, en dévoilant des inédits, proposait un regard approfondi sur ce célèbre ensemble et sa fortune auprès des artistes et des écrivains proches de Brassaï : Pablo Picasso, Jacques Prévert, Jean Dubuffet, notamment.

Cette présentation s’est faite à travers une centaine d’œuvres et de documents - les tirages d’époque des Graffiti de Brassaï, des maquettes des livres, revues et collages de Jacques Prévert ou des lithographies de Jean Dubuffet, issus des collections du Centre Pompidou, de l’Estate du photographe ainsi que d’autres collections privées et institutions parisiennes.

L’exposition a permis de replacer, de manière inédite, cette série « culte » des Graffiti dans son contexte et d’éclairer la façon dont elle a été reçue et comprise en son temps.

Brassaï, Le Roi Soleil, de la série « Graffiti (Images primitives) », 1945-1955 © Centre Pompidou/Dist. RMN-GP/ Photo : J. Faujour © Estate Brassaï#
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [La magie] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [La magie] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï #
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [L’amour] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [L’amour] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï#
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [L’amour] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [L’amour] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï#
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [Images Primitives] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï
Brassaï, Sans titre, de la série « Graffiti [Images Primitives] », 1945-1955 © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP/ Photo : A. Rzepka © Estate Brassaï#

Les expositions pluridisciplinaires

Un art pauvre
Galerie 4
Commissaire : Fréderic Paul
8 juin - 29 août 2016
66 080 visiteurs / 918 par jour

Avec « Un art pauvre », manifestation pluridisciplinaire et inédite, le Centre Pompidou a proposé d’examiner les pratiques artistiques attachées à la question du « pauvre » dans la création, dès les années 1960 : dans les arts plastiques, bien sûr, avec l’éminence du courant de l’Arte Povera, mais également dans le champ de la musique, du design, de l’architecture, du théâtre, de la performance et du cinéma expérimental. 
Attentifs aux traces, aux reliefs, aux plus élémentaires manifestations de la vie, les artistes de la mouvance de l’Arte Povera et plus largement de « l’art pauvre » revendiquent des gestes archaïques. Les matériaux qu’ils utilisent sont souvent naturels et de récupération. 
La volonté de ces artistes n’est pas de faire de l’or avec de la paille ou des chiffons, mais d’activer un nouveau pouvoir symbolique. Cette forme de recyclage tient moins d’un credo que d’une pratique, à l’origine en opposition avec le minimalisme américain. 
L’Arte Povera apparaît par émulation, pas par adhésion. Deux manifestes annoncent cependant sa naissance en 1967 : l’un du critique Germano Celant, qui inventa l’expression ; l’autre de l’artiste critique Germano Celant, qui inventa l’expression ; l’autre de l’artiste Alighiero Boetti, qui créa alors son affiche Manifesto dressant une liste de seize noms, certains reconnus, certains oubliés, d’autres qu’on peut s’étonner d’y trouver. 
Avec « Un art pauvre » ce sont toutes les composantes du Centre Pompidou qui se sont unies, du Musée national d’art moderne à l’Ircam en passant par le service Cinéma ou les Spectacles Vivants, pour mettre en valeur la richesse et l’ampleur de cette manifestation. 
« Un art pauvre » est également une invitation à parcourir tout le Centre Pompidou.

Piero Gilardi, Totem Domestico (Totem Domestique), 1964 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Piero Gilardi#
Vue de l’exposition « Un art pauvre » © Centre Pompidou
Vue de l’exposition « Un art pauvre » © Centre Pompidou #
Pino Pascali, Le penne di Esopo [Les plumes d’Esope], 1968 © DR
Pino Pascali, Le penne di Esopo [Les plumes d’Esope], 1968 © DR#
Jannis Kounellis, Senza titolo (Notte) [Sans titre (Nuit)], 1965 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Adagp, Paris 2017
Jannis Kounellis, Senza titolo (Notte) [Sans titre (Nuit)], 1965 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Adagp, Paris 2017#
Mario Merz, Igloo di Giap, 1968 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Adagp, Paris 2017
Mario Merz, Igloo di Giap, 1968 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Adagp, Paris 2017#
Giovanni Anselmo, Sans titre, 1968 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Giovanni Anselmo
Giovanni Anselmo, Sans titre, 1968 © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Giovanni Anselmo#

Museum On/Off
Galerie 0
Commissaire : Alicia Knock
13 avril - juin 2016

Le projet inaugural de la Galerie 0 - Espace prospectif proposait des extensions muséographiques inattendues et autres annexes fictives. Le musée s’improvisait salon VIP pour stagiaires (Ahmet Ogut), librairie-boutique (Meschac Gaba), espace non de conservation mais de production, de reproduction (Arseny Zhilyaev) et d’interprétation (Otobong Nkanga). 

Les artistes se sont emparés d’un espace-temps flexible intégrant exposition et intervention, espace réel et virtuel. Il s’agissait de promouvoir le musée comme expérience : les installations plastiques étaient activées par des propositions diverses (accrochages éphémères, performances, workshops...) qui faisaient appel à des critiques (Mara Ambrozic, Camila Bechelany, Biljana Ciric, Mariana Kostandini, Elena Sorokina), à des collectifs (Afrikadaa, les gens d’Uterpan) et des organismes indépendants (Bétonsalon, Front Views).


Polyphonies
Galerie 0
Commissaire : Christine Macel
19 octobre 2016 - 23 janvier 2017

Cette exposition prenait pour thème la voix comme matériau plastique, impliquant le corps humain dans son rapport au son et à l’espace. Il s’agissait d’observer comment les artistes utilisent la voix, et particulièrement le chant, afin de créer des œuvres multimédia, de la vidéo à l’installation, en passant par la performance.

Musicien de formation, Oliver Beer a présenté pour « Polyphonies », plusieurs vidéos dont Composition for Two Pianos and a Empty Concert Hall (2011) et une performance, Making and Breaking Tristan. Moments forts de l’exposition, cette performance montrait l’artiste coupant les cordes d’un piano, note par note, révélant ainsi « l’accord de Tristan », emprunté au compositeur Richard Wagner. Mariechen Danz dévoilait une installation qui évoluait pendant l’exposition. Celle-ci s’animait initialement par une performance vocale pop de l’artiste, évoquant le rapport entre langage et corps depuis les origines du langage jusqu’à aujourd’hui. franck leibovici, poète et artiste, montrait l’ultime volet de son mini-opéra pour non musiciens intitulé karesensui. Un jardin japonais de pierre, rythmé de rochers, ponctué de pupitres de partitions. « Activé » par les voix du public, ce jardin de pierres est composé de blocs de rocher dont chacun est relié à une des dix séquences de l’opéra. Cette installation était montrée pour la première fois à Paris.

Dans la Project Room, plusieurs jeunes artistes du monde entier étaient, tour à tour invités.
Une série d’événements était prévue tout au long de l’exposition dont des soirées consacrées à Mariechen Danz, à Kader Attia et à Oliver Beer (2 novembre).

Vue de l’exposition « Polyphonies » © Centre Pompidou / Photo : H. VéronèseVue de l’exposition « Polyphonies » © Centre Pompidou / Photo : H. Véronèse
Beat Generation
Galerie 1, Commissaire : Philippe-Alain Michaud, 22 juin - 3 octobre 2016, 227 270 visiteurs / 2 525 par jour

Avec « Beat Generation », une rétrospective inédite a été consacrée au mouvement littéraire et artistique né à la fin des années 1940 à New York et étendant son influence jusqu’à la fin des années 1960 en Europe notamment.

 

 

Art et Liberté
Rupture, guerre et surréalisme en Egypte 

(1938 - 1948)
Galerie du musée
Commissaire : Catherine David
19 octobre 2016 - 16 janvier 2017

Cette exposition était la première consacrée au groupe Art et Liberté (jama’at al-fann wa al-hurriyyah), qui a rassemblé autour de Georges Henein une constellation d’artistes et écrivains résidant au Caire dans les années 1930 et 1940. 

Fondé le 22 décembre 1938 à l’occasion de la publication du manifeste Vive l’art dégénéré, le groupe a fourni à une jeune génération d’artistes, d’intellectuels et d’activistes une plate-forme hétérogène propice à de nombreuses réformes culturelles et politiques. Les membres du groupe ont joué un rôle actif au sein d’un réseau international dynamique d’intellectuels et d’artistes liés à la mouvance surréaliste. À l’aube de la Seconde Guerre mondiale et dans une Égypte sous domination coloniale britannique, le groupe Art et Liberté s’est inscrit dans un projet culturel et politique international en défiant le fascisme, le nationalisme et le colonialisme. Questionnant le surréalisme, il a tenté de construire un langage littéraire et pictural contemporain, engagé au niveau mondial autant qu’enraciné dans les préoccupations artistiques et politiques locales. 

En réunissant pour la première fois près de 130 tableaux, œuvres sur papier et photographies datant de la fin des années 1920 au début des années 1950, ainsi qu’un grand nombre de documents d’archives, essentiels à la compréhension du paradigme surréaliste dans toute sa complexité, cette exposition historique offrait une vision globale du groupe Art et Liberté.

Ramses Younan, Untitled, 1939. Photo : © Haitham Shehab, courtesy private collection
Ramses Younan, Untitled, 1939. Photo : © Haitham Shehab, courtesy private collection

Au croisement des arts plastiques et de l'image en mouvement 

Hors Pistes
11e édition
L’art de la révolte
 
22 avril - 8 mai 2016
Galerie Sud, Forum-1, Cinémas 1 et 2, Petite Salle et Grande salle
 
En avril, la nouvelle édition de Hors Pistes s’installait au Centre Pompidou. Toujours en résonnance avec l’actualité, elle prenait comme terrain d’investigation le combat citoyen et ses représentations plurielles sur la scène artistique contemporaine, à travers une série de dispositifs propres à la lutte civique, repensés, détournés, recentrés, déjoués par les artistes. 

Hors Pistes a revisité ainsi les grandes figures historiques de la manifestation et le mythique ciné tract de 1968, ou celles plus contemporaines des lanceurs d’alerte ou autres rébellions virtuelles. Le Forum-1 a ainsi également accueilli une bibliothèque participative en association avec la Bpi qui regroupait des ouvrages sur le thème de la révolte et des nouvelles utopies. Les représentations telles que Les enfants qui défilent de Philippe Parreno, La chorale de slogans de Marco Godoy ou la chorégraphie des manifestants de Justine Trietet questionnaient la manifestation avec ce qui semble être un acte de ralliement spontané, citoyen, presque naturel, qui a son histoire, ses pratiques, ses codes et ses mythes. Dans ce contexte de protestation collective apparaît un autre mode de contestation plus solitaire mais en réseau : les lanceurs d’alerte, à l’exemple des célèbres actions de Edward Snowden, Julian Assange, Chelsea Manning, qui constituent de nouvelles modalités de déstabilisation et réinterrogent la désobéissance civique. 

Plus largement, le web se présente comme une nouvelle terre de résistances. Le cinétract contemporain ou video-witnessing (témoignage vidéo) en est une manifestation. Entre témoignages d’une époque, invention de slogan, résistance aux images officielles, la production de cinétracts a perduré, augmenté, muté. Le genre s’est réinventé. Pour l’occasion, treize artistes avaient répondu à la commande du cinétract contemporain. La jeune artiste iranienne Bani Khoshnoudi, l’artiste protéiforme espagnol Isaias Grinolo, le cinéaste français Sylvain George ou l’écrivain Frank Smith, la poétesse Madeleine Aktypi, le réalisateur argentin Teddy Williams, le photographe et réalisateur Edouard Beau, les metteures en scène Eléonore Weber et Patricia Allio, le cinéaste plasticien Philippe Terrier-Hermann, le jeune performeur finlandais Otto Karvonen, la réalisatrice Daphné Hérétakis, le jeune artiste franco-iranien Arash Nassiri, la plasticienne Dorothée Smith et le jeune vidéaste Baptist Penetticobra. Comme pour chaque édition de la manifestation, le service de la parole a organisé des conférences et plusieurs tables rondes autour du sujet en collaboration avec la Bpi.

Jafar Panahi
Rétrospective intégrale et exposition
7 octobre - 13 novembre 2016
Cinémas 1 et 2, Petite Salle

En 2010, le réalisateur iranien Jafar Panahi était condamné à six années de prison assorties d’une interdiction de filmer de vingt ans. Panahi aurait pu arrêter de tourner, changer d’activité ou choisir l’exil, mais il a décidé de braver l’interdit en continuant à faire des films coûte que coûte. 

Cette rétrospective a rendu compte de sa création depuis sa condamnation en exposant, sa série photographique inédite « Nuages », qui a depuis intégré les collections, et projeté des extraits de ses trois derniers films interdits, Ceci n’est pas un film (2011), Pardé (2013) et Taxi Téhéran (2015), sans oublier Où en êtes-vous, Jafar Panahi ? (2016), court métrage réalisé à la demande du Centre Pompidou. Dans chacun de ses films, Panahi interroge la privation de la liberté, l’apprivoise et la transcende. 

Jafar Panahi sur le tournage de Hors Jeu, 2006 © Jafar PanahiJafar Panahi sur le tournage de Hors Jeu, 2006 © Jafar Panahi

João Pedro Rodrigues
Rétrospective intégrale 
25 novembre 2016 - 20 janvier 2017

Parallèlement à la rétrospective intégrale de ses films présentée au Centre Pompidou, João Pedro Rodrigues exposait pour la première fois en France Santo António, une installation conçue en 2013 avec João Rui Guerra da Mata, son directeur artistique.
Créée à partir de l’un de ses courts métrages, Matin de la Saint-Antoine (Festival de Cannes 2012), cette installation, qui était montrée dans le forum, s’inspire de Saint-Antoine, saint patron de Lisbonne. Elle s’inscrit dans la réflexion du cinéaste sur la ville et ses habitants, l’architecture et les corps, l’espace et le mouvement.

Joao Pedro Rodriguez et Joao Rui Guerra Da Mata, Aube Rouge, 2011. Photo : © Blackmaria, Portuguese Short Film Agency Joao Pedro Rodriguez et Joao Rui Guerra Da Mata, Aube Rouge, 2011. Photo : © Blackmaria, Portuguese Short Film Agency
 

#La recherche au cœur du musée 

Chacune des actions menées par l’équipe scientifique du musée en vue d’enrichir les collections, de les restaurer, de les documenter ou de les présenter, suscite la production de nouvelles connaissances. Il en va de même pour la préparation des expositions temporaires conçues au Centre Pompidou ou dans des institutions partenaires : elles ont pour vocation de favoriser les découvertes ou redécouvertes et d’engendrer ainsi de nouveaux savoirs. 
 
Dans ce cadre général, la présence active du Centre Pompidou dans le dispositif des Labex lui permet de s’ouvrir à des projets menés en partenariat avec ses partenaires universitaires. L’année 2016 a vu le lancement de trois nouveaux projets portés par le Centre Pompidou dans le cadre du Labex CAP :
 
  • le projet « histoire des collections » s’attache ainsi à étudier les acquisitions réalisées par le Musée du Luxembourg, prédécesseur du mnam, à l’occasion de son bicentenaire. 
  • les projets « Art et Liberté (1938 - 1948) et Modernité en Egypte : au-delà du discours post-colonial » ont donné lieu à un colloque international. 
  • dans le cadre du Labex Arts H2H, le Centre Pompidou a poursuivi les projets en cours, notamment « Photographie sociale et documentaire des années 30 » et « Isidore Isou, l’art à la lettre ». 
Le Centre Pompidou poursuit enfin l’accueil de doctorants lauréats du « contrat immersion » destiné à favoriser leur insertion professionnelle dans le cadre du Labex CAP (Laboratoire d’excellence Création, arts, patrimoine), collaboration entre dix-sept laboratoires universitaires et d’enseignement supérieur et huit établissements patrimoniaux et muséaux dans le but de soutenir et amplifier le rôle et la visibilité internationale des meilleurs laboratoires de recherche du pays.
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