BILAN D'ACTIVITÉ 2016

Avant-propos

L’année 2016 montre comment le Centre Pompidou souhaite affirmer l’originalité  de son projet.

L’une de ses caractéristiques est évidemment l’interdisciplinarité. Le Centre Pompidou et ses organismes associés ont donc entrepris de travailler davantage à des projets communs. L’année 2016 a permis d’en montrer les premières concrétisations, avec des productions communes (« Un art pauvre », pour le musée et l’Ircam ; le travail sur les débats et conférences entre le Centre Pompidou et la Bibliothèque publique d’information) ; la participation de plusieurs départements et organismes associés aux expositions (par exemple, celle de la Bibliothèque à l’exposition sur la Beat Generation).

La politique d’expositions du Centre, qui est la partie la mieux connue de son activité, doit conjuguer plusieurs objectifs.

Le Centre Pompidou a pour mission historique d’élargir à un grand public l’accès à l’art moderne et contemporain. Il doit le faire, non par la simple programmation de « blockbusters », mais en veillant à donner une lecture enrichissante des œuvres qu’il expose. Tel a été le cas des expositions « Paul Klee, l’ironie à l’œuvre » et  « René Magritte, la trahison des images ». Il lui revient aussi de mettre en évidence des thématiques mal connues et de proposer de nouveaux modes d’expression. La « Beat Generation » (exposition thématique conçue sous une forme originale), la proposition d’Anne Teresa de Keersmaeker (ou comment exposer la danse ?) relèvent de cet objectif. Le Centre Pompidou s’est aussi pleinement investi dans l’aspect de sa mission consistant à rendre compte de la richesse et de la diversité de la scène française à travers notamment la très belle exposition des quatre lauréats du prix Marcel Duchamp : Kader Attia, Yto Barrada, Ulla von Brandenburg et Barthélémy Toguo.

Enfin, la création d’un nouvel espace, la Galerie 0 - Espace prospectif, et la présentation d’expositions comme celle consacrée au surréalisme en Égypte procèdent d’une double préoccupation : saisir l’émergence et approfondir la connaissance de la modernité selon des points de vue originaux.

Il convient d’ajouter à ce panorama l’important effort de diversification du public (soirées dans le musée « Museum Live », mise en place d’un nouvel espace dans l’Atelier des enfants, appelé la Fabrique sur le modèle des FabLab, actions communes avec la bibliothèque pour faciliter la « porosité » des publics, production d’une web-série pour les jeunes publics, « Mon œil »).

Cette démarche est relayée par une forte présence sur les réseaux sociaux (le Centre Pompidou est à la 2ème place des musées français sur Twitter et Instagram, à la 4ème place sur Facebook), instruments excellents pour toucher des publics nouveaux et enrichir la relation avec nos visiteurs.

L’ensemble de ces actions a porté ses fruits puisque, dans un contexte marqué par les attentats et la baisse de la fréquentation touristique en Île-de-France, le Centre Pompidou a augmenté de 9% le nombre de visites par rapport à 2015.

Le Centre Pompidou a par ailleurs entrepris d’occuper pleinement la place originale qui lui revient dans la vie des idées. Ainsi l’année 2016 a-t-elle permis d’expérimenter de nouvelles manifestations (rencontres, débats…) moins formelles et plus conviviales. Ce mouvement devra être poursuivi en 2017.

Dans le domaine des arts, la mondialisation est à la fois un fait et une chance d’enrichissement intellectuel. Le Centre Pompidou s’est attaché à affirmer sa présence sur la scène internationale et à multiplier les formes de collaboration (en Chine, à Singapour, au Maroc ou en Espagne…). Ce rayonnement international se traduit aussi par d’importantes donations (Westreich Wagner ; Fondation Potanin et collectionneurs russes).

Très attaché à la démarche de décentralisation, le Centre Pompidou a contribué à la consolidation de la situation du Centre Pompidou-Metz. Il a par ailleurs retenu une forme originale pour son 40ème anniversaire en 2017, en le transformant en une fête des échanges avec le territoire.

2017 sera l’année de l’anniversaire. Ce sera aussi le temps où ces diverses démarches devront être approfondies, de façon à ce que le Centre Pompidou, 40 ans après, apparaisse neuf et fidèle, ambitieux et chaleureux.

Serge Lasvignes 

 

Serge Lasvignes © Centre Pompidou / Photo : Thibaut Chapotot

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